Juin 2020
La Grenouille n°47 - Juin 2020
Les beaux jours reviennent et l’on flâne plus volontiers,
profitant de la douceur de l’air, de la luminosité... Avez-vous remarqué, en
promenade ou occupé par des courses chez les commerçants de Cour-Cheverny, non
loin du bureau de poste, une plaque «Paul Renouard», au-dessus de l’institut de
beauté ?
Paul Renouard, à la célébrité discrète bien qu’exposé dans
plusieurs musées de France (Paris, Tours, Orléans... et bien sûr Blois) ainsi
qu’à l’étranger (au Luxembourg, au Japon, à Tokyo, en Belgique à Bruxelles..)
est un peintre, illustrateur, né à Cour-Cheverny en 1845. Issu d’une famille
modeste (son père est sabotier) d’origine solognote, il part, dès l’âge de 14
ans, à Paris pour gagner sa vie en tant que peintre en bâtiment.
Paul Renouard croque les animaux de la ferme
La Grenouille n° 16 de juillet 2012 a évoqué Paul Renouard, célèbre
peintre, graveur, illustrateur, né à Cour-Cheverny le 5 novembre 1845.
Aujourd’hui, La
Grenouille a choisi de s’attarder sur un
aspect moins connu de son talent : Paul Renouard illustrateur de livres pour
enfants, à vocation pédagogique. Il aimait restituer les attitudes des
animaux, saisies dans leur quotidien.
Rappelons qu’une
délibération du Conseil municipal de Cour-Cheverny de décembre 2018 a décidé
qu’à partir de cette date, l’école primaire de la commune s’appellerait « École
Primaire Paul Renouard ». Une plaque figure également sur la façade de sa
maison natale au n° ... de la rue Nationale, à Cour-Cheverny (à gauche de la
porte d’entrée de la poste).
J.-P. T.
Publication
des dessins en 1881 - Gillot éditeur - Paris
La Grenouille n°47 - Juin 2020
Juillet 2012

Remarqué par le maître Isidore
Pils pour la qualité de ses croquis (sur les murs de l’école des Beaux-Arts,
ou dans l’aide apportée à réaliser un dessin au sein de l’école, nous dit une
autre anecdote), il devient l’élève de ce dernier en 1868. Il collabore avec
lui pour les décorations intérieures de l’Opéra de Paris, puis réalise, seul, les
fresques du plafond en 1875. Il travaille pour des revues comme l’Art, l’Illustration, Paris illustré, puis traverse la Manche pour s’établir à
Londres.
Dès 1884, il dessine pour le Graphic à Londres, réalise de
nombreux croquis de chefs d’État ou de grands personnages politiques (la reine du
Royaume-Uni par exemple, pour son jubilé, le président Loubet, Waldeck-Rousseau).
Insatiable, il croque tous les corps de métiers, les dockers de la Tamise et
les débardeurs de la Seine, des avocats pendant leur plaidoirie, saisissant sur
le vif les gestes et les expressions. Il fait également le portrait d’académiciens
britanniques dans une série intitulée «L’Académie Royale». En 1892, il publie un luxueux album avec une trentaine d’eaux-fortes
inspirées par les artistes de l’Opéra de Paris et d’un théâtre londonien
(Théâtre Royal Drurylane). Ses autres suites le rendent célèbre : gens de robe,
cuisiniers, orateurs des réunions publiques, chroniqueurs judiciaires,
comédiens, Armée du Salut, etc.
Graveur animalier, il excelle dans la retranscription des
expressions des animaux, démontrant ainsi avec brio ses dons d’observateur. Témoin
de la Grande Guerre et, bouleversé, il nous livre de nombreux portraits de
soldats saisissants de réalisme (portraits de groupe des « Gueules cassées »). Paul
Renouard participe aux deux expositions universelles de 1889 et 1900 où il
obtient la médaille d’or par deux fois. Il illustre également l’exposition
universelle de Liège en 1905, lors de la commémoration de l’indépendance de la Belgique.
Secrétaire de la Société nationale des Beaux-
Arts et professeur
à l’École des Arts Décoratifs dès 1903, le musée national du Luxembourg lui
consacre une grande rétrospective en 1904. Il devient l’ami des peintres Weerts
et Degas (avec lequel il partage peut-être le goût pour les scènes de ballet),
voyage beaucoup (Tunisie, Etats-Unis...).
Il décède à Paris en 1924, après avoir témoigné par ses croquis de
tous les événements importants de son époque (procès Zola, procès Dreyfus...). Enterré
au cimetière de Chambon-sur-Cisse, il a «sa» rue dans ce village, ainsi qu’à
Blois, non loin de la cathédrale, et un fonds important de son oeuvre est
conservé au château de Blois (environ 550 dessins et gravures, ainsi que des
peintures). Une grande exposition lui a été consacrée au château de Blois en
2008-2009.
Parmi la bibliographie qui lui est consacrée, Benezit (volume 7) trace bien le portrait de cet artiste : « Renouard est un documentaire et laissera sur notre époque un vaste reportage dessiné des plus piquants... Son originalité est d’apporter dans l’observation une vision spirituelle et humoristique (sur les murs de l’école des Beaux-Arts) sans tomber dans la déformation caricaturale...»
Parmi la bibliographie qui lui est consacrée, Benezit (volume 7) trace bien le portrait de cet artiste : « Renouard est un documentaire et laissera sur notre époque un vaste reportage dessiné des plus piquants... Son originalité est d’apporter dans l’observation une vision spirituelle et humoristique (sur les murs de l’école des Beaux-Arts) sans tomber dans la déformation caricaturale...»
La
Libellule – La Grenouille n°16 – Juillet 2012
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