La Grenouille vous a récemment informé(e) de la cérémonie qui a eu lieu le 10 octobre dernier à Cour-Cheverny, et de l’exposition organisée en mairie par le Souvenir Français (1) à l’occasion du 150e anniversaire de la guerre de 1870.
La guerre près de chez nous
Dans notre département, les plus importantes batailles se sont déroulées au nord de la Loire, mais la rive gauche a aussi connu des escarmouches et des combats dans différents lieux comme Saint-Laurent-des-Eaux (devenu Saint- Laurent-Nouan), Chambord, Montlivault… Le but de l’armée allemande, commandée par le prince de Hesse, était de prendre à revers, par la rive gauche, l’armée française qui s’était repliée à Blois. Les communes voisines comme les nôtres, hors des combats, ont souvent accueilli des « ambulances » (formations sanitaires en secours aux blessés).
Un important travail de recherche
Dès
janvier 2019, Denis Enters, le président du Comité local du Souvenir Français,
avec quelques bénévoles, a entrepris de recenser les monuments et les tombes de
1870 sur les cantons de Bracieux et de Contres (dont nos communes faisaient
partie jusqu’en 2015) afin d’en faire l’inventaire. Cette recherche méticuleuse,
commencée en janvier 2019 a duré plusieurs mois : elle a conduit ces
passionné(e)s d’histoire à se répartir les tâches pour visiter une trentaine de
cimetières concernés et les lieux commémoratifs, et à consulter de très nombreux
documents d’archives afin d’en relever les moindres indices et que ces morts ne
tombent pas dans l’oubli. À noter qu’à l’époque de cette guerre, les soldats
français ne portaient pas encore de plaque individuelle d’identité ; de ce
fait, la majorité des soldats qui ont été relevés sur les champs de bataille sont
restés inconnus.
La prise en charge par l’État des sépultures de guerre (2)
Après
l’adoption de la loi française du 4 avril 1873 relative à la conservation des
tombes des soldats morts pendant la guerre de 1870- 1871, l’État a acheté les
parcelles des cimetières communaux ou a exproprié les terrains non-clos où se
trouvaient des tombes de soldats. Ces tombes ont été aménagées, garnies d’un
entourage en fonte correspondant à un modèle réglementé avec une plaque portant
la mention « Tombes militaires - Loi du 4 avril 1873 ». (On retrouve d’ailleurs ce type
de grille dans la plupart des catalogues de fondeurs, entre les grilles
d’autels et les portails !).
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Cimetière de Cheverny |
La mise
en application de la loi du 4 avril 1873 a conduit les préfets à demander aux
communes le recensement des soldats morts pendant le conflit de 1870-1871 en
vue de leur transfert vers des concessions « réglementées ».
Au
cimetière de Cheverny, la tombe militaire est située sur le côté gauche de
l’allée centrale. Cette concession acquise par l’État le 1er février 1878, renferme les restes mortels de 11
soldats français, originaires de diverses régions de France. Sur le relevé de
l’agent voyer (3), daté du 11 septembre 1877, leurs noms et prénoms sont listés :
Joseph Peyrani, Louis Joseph Parignat, Frédéric Giraudeau, René Choppin, Jean- Baptiste Calais, Jean Desroches, Dominique Deme, Paul Perigault, Étienne Millet, Jean Joly et Alexandre Chaude, Morts pour la Patrie à l’ambulance de Cheverny (que la fiche d’un de ces soldats permet de localiser puisqu’elle indique : « l’ambulance du château de Cheverny »).
Les enfants de Cheverny morts à la guerre (4)
La recherche documentaire a
également permis de recenser ces soldats morts à la guerre dans d’autres
régions :
• Louis Baranger (ou Alexis Bérangé sur l’état civil), né le 9 septembre 1840 à Varennes-sur- Fouzon (Indre), fils de Étienne et de Angélique Coutant, décédé le 16 décembre 1870 à l’âge de 30 ans à l’hospice de Vierzon (Cher) - Il était charretier, domicilié à Cheverny et père de 3 enfants ;
• Adrien Fouassy, né le 11 mars 1843 à Cheverny, fils de Jean-Baptiste et de Marie Angélique Benoit, décédé le 2 octobre 1870 à l’âge de 28 ans à l’hôpital de Versailles ;
• Vincent Prou, né le 20 décembre 1845 à Cheverny, fils de Pierre et Anne Rousseau, décédé le 21 décembre 1870 à l’âge de 25 ans à l’ambulance prussienne de Brie-Comte- Robert (Seine et Marne) ; • Louis Léopold Prieur, né le 15 novembre 1845 à Cheverny, fils de Martin et Madeleine Bosseret, décédé le 21 novembre 1870 à l’âge de 25 ans en Allemagne.
Au
cimetière de Cour-Cheverny la « tombe 1870 », acquise le 30 novembre 1876, se situe
dans la partie ancienne du cimetière, au fond sur la droite. La commune a l’obligation
d’assurer l’entretien de cette tombe. Dans une délibération du Conseil
municipal datée du 25 janvier 1880, présidée par M. Bonamy, maire, concernant
l’entretien de la tombe, il est spécifié : … « qu’elle a toujours été entretenue
convenablement, et que le fait de l’entretien avait été jusqu’alors supporté
par la commune. Qu’il est d’avis que l’entretien de la tombe et de son
entourage, qui est d’une dépense peu élevée, soit comme par le passé, supporté
par la commune et prélevé sur le budget de l’article 16 du budget primitif (entretien
des murs et allées du cimetière). Le Conseil municipal, à l’unanimité,
reconnaissant exact l’exposé de Monsieur le président, décide que la tombe
militaire et son entourage seront entretenus avec soin, à la charge de la
commune, et que les frais occasionnés par l’entretien seront payés par mandat
sur l’article précité. Fait et délibéré… ».
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Cimetière de Cour-Cheverny |
La tombe
militaire regroupe les dépouilles mortelles de 12 soldats initialement inhumés dans
des sépultures individuelles. Dix d’entre eux sont morts à « l’ambulance »(1) des soeurs de Cour-Cheverny qui
se situait à l’actuelle école Saint-Louis, école de filles ouverte en 1809 et
dirigée en 1870 par les soeurs de Saint-Paul de Chartres (5).
Cette tombe abrite les dépouilles mortelles des 12 soldats suivants, dont un natif de la commune : Joseph Lamoureux, Alexis Marcellin, Jacques Joseph Guelin, Paul Roux, Pierre Ponsol, Alphonse Vachery (état civil : Vacherit Jean Alphonse), Jean Auzat, Charles Lachechaire, Etienne Jean Forgin, Jean Bonnery, François Raveaux, natifs de différentes régions de France, et un enfant du pays : Étienne Maugueret (ou Mogueret sur l’état civil), né le 23 mars 1848 à Cour-Cheverny, fils de Étienne et de Marguerite Chabault, vigneron, mort le 9 novembre 1870 à 23 ans au domicile de ses parents, aux Vernaisons à Cour-Cheverny (ou à l’ambulance de Cour- Cheverny selon une autre source).
Le
cimetière de Cour-Cheverny a également accueilli le corps d’Henri Joseph
Bazelli, lieutenant- colonel de la 39e de marche, blessé à la bataille de Coulmiers et décédé à Blois le 31
janvier 1871 dans sa 43e année. On ne connaît pas la raison de son inhumation à Cour-Cheverny,
mais on sait que sa sépulture existait toujours en 1904, et qu’elle a ensuite été
transférée dans un lieu inconnu (sans doute dans le Pas-de-Calais d’où il était
originaire).
Les enfants de Cour-Cheverny morts à la guerre (4)
Hormis
Etienne Maugueret cité plus haut, 8 autres Courchois font partie des morts pour
La patrie, et ont été inhumés dans d’autres lieux…, proches de leurs lieux de
combat :
• Armand Blanchard, né le 13 octobre 1850 à Cour-Cheverny, fils de Jean et de Marie Madeleine, décédé le 21 décembre 1870 à l’âge de 20 ans au Grand Hospice d’Auxonne (Côte-d’Or) ;
• Charles Jean Chabault, né le 12 mai 1850 à Cour-Cheverny, fils de Jacques et d’Alexandrine Breton, célibataire, décédé le 9 décembre 1870 à l’âge de 20 ans au Grand hospice d’Auxonne (Côte d’Or) ;
• Silvain Chauffour, né le 30 juillet 1850 à Fontaines-en-Sologne, fils de Jacques Gabriel Chauffour et de Marie Françoise Chauffour, Vigneron à Cour-Cheverny, décédé le 29 décembre 1870 à l’âge de 20 ans à l’hospice d’Agen (Lot-et-Garonne) ;
• Henry Auguste Cottereau, né le 14 décembre 1850 à Conflans-sur-Anille (Sarthe) sous le nom de Charbonnier (légitimé Cottereau en 1852), fils de Henri François et Marie Augustine Charbonnier, décédé le 25 décembre 1870 à l’âge de 20 ans à l’Ambulance de Beaune-la- Rolande (Loiret) ;
• Silvain François Coutant (François Silvain sur l’état civil), né le 16 juillet 1847 à Cheverny, fils de François et de Anne Chantier, militaire, décédé le 21 décembre 1870 à l’âge de 23 ans dans un hôpital en Allemagne ;
• Silvain Crouteau, né le 21 avril 1847 à Cour-Cheverny, fils de Silvain et de Silvine Marteau, décédé le 1er novembre 1870 à l’âge de 23 ans à l’hôpital militaire de Magdebourg (Allemagne) ;
• Paul Douard (Camille Douard sur l’état civil), né le 2 septembre 1850 à Blois, demeurant sans doute à Cour-Cheverny. Il était berger à Chitenay, décédé le 20 septembre 1870 à l’âge de 21 ans, à l’Hospice de Vic-en-Bigorre (Hautes-Pyrénées) ;
• Henri Dronne, né le 10 septembre 1848 à Chitenay, fils de Pierre Louis et Marie Lecomte, demeurant sans doute à Cour- Cheverny, décédé le 14 août 1870 à l’âge de 23 ans. Tué au combat de Borny (Moselle). (La bataille de Borny-Colombey s’est déroulée à l’Est de Metz le 14 août 1870).
La courte vie de Jules Raoul de Pétigny…
Une
autre sépulture du cimetière de Cour- Cheverny nous permet d’évoquer cette
guerre, en rapport avec la vie personnelle et familiale d’un soldat mort pour
la Patrie le 11 octobre 1870 à l’âge de 23 ans : Jules Raoul de Pétigny.
Né en
1846 à Vendôme, il résidait au manoir de Clénord (commune de
Mont-près-Chambord), propriété de ses parents. Son corps fut cependant enterré
au cimetière de Cour-Cheverny, commune et paroisse à laquelle la famille de
Pétigny était très attachée et où elle a également vécu. La famille avait
demandé une dérogation pour que sa grand-mère paternelle, Marie Louise Rose
Levesque, décédée en 1849, soit inhumée dans le cimetière de Cour-Cheverny, et
il en fut de même pour son père, Jules de Pétigny de Saint Romain, membre de
l’Institut des Inscriptions et Belles- Lettres (1801-1858)(6), sa mère, Constance de Brunier
(1813-1893) décédée au manoir du Vivier à Cour-Cheverny (dont la famille a
également été propriétaire - une des soeurs, Julie, s’y est mariée en 1877) et
son frère Maurice Henri Michel (1836-1907) et son épouse, dont les tombes côtoient celle de Raoul.
Les nombreuses lettres que Raoul a échangées avec ses proches avant et pendant la guerre, et précieusement conservées dans les archives familiales, témoignent de ce que fut sa courte vie et nous permettent d’illustrer ce que pouvait être le parcours d’un jeune soldat engagé dans cette terrible guerre. Après une bonne scolarité à Pontlevoy, il poursuit ses études à Paris en 1864 et reçoit le diplôme de licencié en droit le 21 août 1867 pour intégrer ensuite le ministère des Affaires étrangères, au sein de la direction des Affaires commerciales et des Consulats. Il entendait marcher ainsi sur les traces de son grand-père de Pétigny qui fut premier commis au ministère et par la suite premier secrétaire du Sceau. Il est employé comme attaché surnuméraire(7), fonction qu’il est censé occuper durant 4 ans avant de pouvoir accéder à un poste plus avantageux.
Mais les
circonstances ne seront pas favorables. La guerre est en effet déclarée le 19 juillet
1870 contre la Prusse. Sa décision est immédiate : bien décidé à servir sa
patrie, Raoul de Pétigny s’engage dès le début de cette guerre, comme
volontaire au 16e bataillon de Chasseurs à pied. Il écrit alors une lettre admirable
à sa mère, où il justifie sa décision :
« Paris, le 27 juillet 1870
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Orléans : un épisode du combat des Aydes(11 octobre 1870). La mort du commandant Arago. Peinture signée : Lichy-Baudoin |
Bien chère mère, la lettre de notre cousine de Saint-Sauveur a dû
t’apprendre ce matin l’importante décision que j’ai prise. Ce soir, je serai
soldat pour la durée de la campagne, et je viens, avant de partir, solliciter
ton pardon pour avoir accompli cet acte sans ton autorisation. Ma conviction
bien arrêtée est qu’à l’heure présente, tout homme de 21 à 30 ans, valide, et
qu’aucun obstacle sérieux ne retient, se doit au pays si sérieusement menacé.
Les félicitations que j’ai reçues, je puis dire de toute part, me font croire
que je suis dans le vrai, et si tu me désapprouves aujourd’hui, j’ose espérer
que l’avenir me justifiera. Ma position dans la carrière consulaire est non seulement
parfaitement sauvegardée, mais encore se trouvera améliorée si les hasards de
la guerre me sont favorables. J’en reviendrai, j’espère, trempé par cette rude
épreuve, et mieux en état de poursuivre avec succès la profession que j’ai
choisie.
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Orléans : Vitrail de Notre Dame des Aydes. Episode du combat du 11 octobre 1870 |
Pardon, pardon encore une fois. Surtout ne croyez pas à un coup de tête, j’ai mûrement réfléchi, passé des nuits sans sommeil et bien souffert moralement avant d’en arriver là. C’est donc une bénédiction emportant l’oubli de ma faute que j’attends de toi avant mon départ.
Nous allons demander, mon ami Octave de Barry et moi, le 16e bataillon de Chasseurs à
pied où l’un de ses parents est capitaine ; il fait partie du Corps d’Armée de
Mac-Mahon. Je ne sais où nous allons être envoyés provisoirement : ma prochaine
lettre vous le dira. J’ai emprunté 300 francs à mon collègue M.
Imbert-Gourbeyre, 43 rue St-Lazare ; vous les lui enverrez par mandat sur la
poste au lieu de mon mois dont je ne sais que faire. La petite vitesse
apportera une caisse et une malle contenant mes effets et mes livres que
j’expédie à ton adresse, Bureau de Payen. Je laisse chez les Saint Sauveur mon
sac de voyage contenant ma montre d’or et mes papiers importants.
Je n’ai pas le temps de prévenir la famille, pas même ma chère
Lucie, tu recevras d’ailleurs une douzaine de photographies en tenue que tu
distribueras.
À revoir, à bientôt j’espère. Je vous embrasse avec une tendresse
dont je n’ai jamais bien senti toute la force.
Raoul ».
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Jules Raoul de Pétigny : 1846-1870 |
Dans de
nombreuses lettres, Raoul donnera ensuite des nouvelles régulières à sa famille,
mais comme il l’écrit à sa mère « Pas de détails sur la campagne parce que ma
lettre ne te parviendrait pas », du fait de la censure. Ses écrits permettent
cependant de suivre précisément son parcours de soldat, notamment à Besançon,
puis Reichshoffen et Wissembourg, lieux de célèbres batailles, à Châlons puis à
l’hôpital militaire du Gros- Caillou à Paris où il est soigné, et de réaliser ce
que furent ses combats, ses blessures, ses souffrances et les horreurs de cette
guerre…
Ajoutons
également que de temps en temps, sa famille lui enverra de l’argent, car,
engagé volontaire et donc sans solde, Raoul devait subvenir lui-même à ses
besoins…
Après de
nombreux changements d’affectation, il passera début septembre quelques jours
parmi les siens à Clénord, puis repartira au combat…
Le 28
septembre, Raoul quitte Besançon pour le camp de Bourges (Armée de la Loire) où
on attend les ordres. Ces derniers arrivent…, ce sera Orléans…
L’armée
de la Loire, battue à Artenay le 10 octobre se repliait sur Orléans, et le 5e bataillon de marche, dont faisait partie Raoul, recevait
l’ordre de partir pour la soutenir.
Raoul de
Pétigny est tué le 11 octobre 1870 lors de la bataille du Faubourg des Aydes, à
Orléans, à l’âge de 23 ans. Il fut provisoirement inhumé au cimetière des Aydes
sur la commune de Fleury-aux-Choux (aujourd’hui Fleury-les-Aubrais). Pendant ce
temps, sa famille était sans nouvelles de lui…
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Carte de visite retrouvée sur le corps de Raoul de Pétigny |
Lorsque
la terrible nouvelle arriva, début novembre, Michel de Pétigny, son frère, et
Eugène de Froberville, son beau-frère, allèrent recueillir la dépouille
mortelle de Raoul à Orléans. Un service funèbre eut lieu à Cour-Cheverny le 22
novembre 1870 à 11 h, et il y fut inhumé.
Merci au Comité local du Souvenir Français et à ses bénévoles, ainsi qu’à la famille de Pétigny de nous avoir permis de partager le souvenir de ces soldats qui ainsi ne seront pas oubliés…
P. L. et Y. B.
Sources et explications :
• Documents et informations réunis par Le
Souvenir Français (Comité Bracieux - Contres) et ses bénévoles, qui ont trouvé
la plupart de ces éléments aux Archives départementales du Loir-et-Cher, et des
départements suivants : Alpes-Maritimes, Ariège, Aube, Côte d’Or, Indre,
Lot-et-Garonne, Mayenne, Puy-de-Dôme, Sarthe, Vaucluse et aux archives des mairies
de Cour-Cheverny, de Briantes (Indre) et de Paris.
• Archives de la famille de
Pétigny.
(1) Voir La Grenouille n°49 « Une émouvante cérémonie à Cour-Cheverny
pour une guerre oubliée 1870-1871.
(2) Extrait du site « Histoire et mémoire des deux guerres mondiales »
: www.cndp.fr/crdp-reims/memoire
(3) Agent voyer : fonction attribuée à une personne chargée de gérer
les biens communaux, d’entretenir la voirie (Wikipédia).
(4) Des informations plus complètes retrouvées sur les fiches de ces
soldats peuvent être obtenues auprès du Souvenir Français.
(5) Voir Extrait du livre « Les grandes heures de Cheverny et
Cour-Cheverny en Loir-et-Cher… et nos petites histoires» - Éditions Oxygène
Cheverny 2018 - page 117 - « Les écoles ».
(6) Voir « Notice sur sa vie et ses ouvrages, par Louis de la
Saussaye, membre de l’Institut » Extrait de la Revue Numismatique – Tome IV -
Imprimé par Hunot et Cie, 1859 » – BnF.
(7) Un employé surnuméraire dans l’administration est celui qui, bien
qu’en service dans l’organisation, doit attendre une place vacante pour être
titularisé (Wikipédia). C
La Grenouille n°50 – Janvier 2021
Guerre de 1870 : le pire a été évité à Cour-Cheverny
Dans le dernier numéro de notre revue, l’article « Guerre de
1870 : ne les oublions pas » nous a permis de garder la trace des héros
locaux de ce tragique conflit (1). Un autre événement local mérite également de ne pas être oublié,
car il a sans doute permis à nos villages et à leurs habitants d’éviter de
grands malheurs.
Le compte rendu du conseil municipal du 16 avril 1871, évoque
l’intervention d’une personnalité locale qui a permis d’éviter le pire.
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Louis de Sèze (1821-1881) |
Fait et
délibéré les jours mois et an que dessus à la mairie de Cour-Cheverny et après lecture
faite, les membres de la commission municipale ont signé :
Martinet, Bonamy,
Grasset, de Martel, Letourneux et Sauvage ».
L’art
de négocier de Louis de Sèze
Dans une lettre à Maurice Poisson, René Mollinger
(3) évoque, dans les années 70, les
mémoires de Louis de Sèze et une de ses interventions pour épargner le pire aux
Courchois dans ce conflit.
« […] Le Comte de Sèze s’est donc trouvé en présence
d’un officier uhlan (4), qui revenait de Blois pour prendre des otages que devait désigner
le maire M. Martinet. […] et tout en parlant ils se trouvèrent des amis communs
en Allemagne, ce qui arrangea bien les choses. Comme cet officier uhlan ne
pouvait s’en retourner les mains vides, il demanda 3 porcs, pour les 3 Uhlans
morts et blessé de la ferme de La Motte ; et M. le comte de Sèze de prélever 3
porcs dans ses fermes, tout heureux d’avoir sauvé la vie à quelques otages de Cour-Cheverny
».
Un bel exemple local de ce que la diplomatie, habilement
menée, peut apporter à l’humanité…
P. L. et Y. B.
(1) Les informations concernant la
commune de Cour- Cheverny, et les documents d’archives relatifs à cette guerre
sont désormais consultables sur le site de la mairie : https://www.mairiecourcheverny.fr/histoire-et-patrimoine
(2) Le Comte Louis de Sèze (1821 -1881)
était propriétaire du château des Tourelles à Cour-Cheverny – Voir La Grenouille
n°43 - Avril 2019.
(3) Uhlan : Cavalier lancier servant dans les armées d’Autriche, de
Pologne, de Prusse et d’Allemagne (CNRTL).
(4) René Mollinger :
horloger-bijoutier-photographe Courchois - Voir « Les grandes heures de
Cheverny et Cour-Cheverny en Loir-et-Cher... et nos petites histoires ». page.
201 : « Souvenirs d’enfance à Cour-Cheverny ».
La Grenouille n°51 – Avril 2021
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