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Andrée Cazin, avec à sa droite son mari Clovis |
Bruno Romary : « J’évoque dans cette chanson
de très bons souvenirs de mes séjours à Cour-Cheverny dans mon enfance. Mes
grands-parents paternels (Lucienne et Fernand) habitaient Courbevoie et deux soeurs
de ma grand-mère résidaient dans le Loir-et-Cher : Denise (mariée à Robert Hermelin)
à Cormeray et Madeleine à Cour- Cheverny. Ma grand-mère donnait souvent mon
père à garder à Denise lorsqu’il était petit, puis à une amie de Denise, Andrée
Cazin, surnommée « la Tante Andrée » bien que ne faisant pas partie de la
famille, et qui habitait aussi à Cour-Cheverny… À leur retraite, mes
grands-parents se sont installés à Cour-Cheverny, au 7 de la rue Pascal
Fortuny. En fait, mon père ne s’entendait pas avec ma grand-mère, et lorsqu’il
s’est marié, il a continué à venir en vacances chez Denise, puis chez Andrée,
car la place manquait chez Denise, qui gardait des enfants de l’Assistance publique.
Et puis Andrée a dû vendre sa maison en viager à un couple de parisiens, des
gens merveilleux, les Lagneau. Le couple travaillait à l’hôpital Beaujon à
Paris, lui au service radiologie, elle comme surveillante. Au début, les
Lagneau venaient en vacances et habitaient dans la partie droite de la vieille
maison, puis ils ont fait construire un pavillon à l’emplacement du champ d’asperges,
qu’ils ont habité à leur retraite ».
Ça se passait aux Sablons
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La quartier des Sablons |
Le lieu évoqué dans la chanson
est situé dans l’impasse de la voie des Chercherelles ; nous en reproduisons
ci-contre les paroles et vous pourrez l’écouter en utilisant le lien internet
ou le QR code indiqués en fin d’article (1). Quelques souvenirs d’enfance…, des tranches de vie
sans importance, mais qui restent gravées dans nos esprits…
B. R. : « Un jour, mes parents
sont arrivés chez Andrée, et là, surprise : ma mère connaissait les Lagneau car
elle avait travaillé avec eux. Quel hasard ! À l’été 1972 (j’avais alors 11
ans), ma mère a dû être hospitalisée et mes parents nous ont laissés, mon frère
et moi, chez Andrée. Quel été !... Je ne l’ai jamais oublié, et mes souvenirs
sont essentiellement liés à cet été 72, où j’étais en vacances aux Sablons,
avec des détails très précis dans ma mémoire : aller en ville... l’aventure
(nous coupions par le chemin de Choubard, pour éviter de faire le grand tour),
chercher le journal l’Équipe chez le marchand de journaux qui faisait le coin [magasin Harmonie aujourd’hui], monter et descendre la
grande rue, passer devant les pompiers, la mairie, le réparateur de vélos, ou ce
jour où, avec mon frère, nous avions crevé le tuyau d’arrosage de M. Lagneau
avec une fourche : il nous avait sermonnés, mais gentiment, je revois encore la
scène. Nous suivions également le Tour de France aux informations du soir (car
l’après-midi, pas de télé, nous devions jouer dehors…). Et il y avait les deux
puits qui me fascinaient, et aussi, à droite de la maison, le cellier et une grande
échelle qui menait à un grenier. Une fois en montant, j’y ai même vu Belphégor
: cela m’a traumatisé, je n’y suis plus jamais remonté ensuite. C’était une
blague faite par Yannick, un gars plus vieux que moi, qui s’était déguisé
probablement..., ou bien j’ai réellement vu Belphégor... Et puis les deux
chiens que j’adorais : Piou, genre Golden Retriever et Boule, noir et blanc...
; je préférais Boule, il était vieux et plus cool… Ma mère se souvient avec
tendresse de la « tante Andrée » qui était une femme formidable. Elle m’a
également évoqué l’époque où, alors enceinte de moi, M. Choubard [Ulysse], un homme d’une grande
gentillesse et voisin d’Andrée, lui offrait des fraises ».
Comme il est dit dans la chanson
B. R. : « J’aurais rêvé de
racheter la maison et le terrain, tout remettre comme à l’origine, avec les
longues rangées d’asperges à la place du pavillon des Lagneau... Si je gagne au
Loto peut-être... La dernière fois que je suis venu en pèlerinage, c’était en
2006 : un allerretour dans la journée, avec un pique-nique dans les champs aux
alentours des Sablons en fin de journée… ».
Propos recueillis par P. L.
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Bruno Romary |
Bruno Romary est musicien professionnel et auteur compositeur
interprète ; il est aussi professeur de guitare et de clavier/synthétiseur. Il
a composé plus de 2 500 chansons, très souvent inspirées de souvenirs
personnels, dont la mélancolie ne manque pas de nous renvoyer à notre propre
passé. La plupart de ses compositions sont des oeuvres très personnelles, mais
il a aussi composé pour de nombreux interprètes. Internet pourra vous fournir
des informations plus complètes sur l’artiste et notamment sur une page d’un
site consacré à Jean-Louis Murat (3). Sur son site (4), Bruno Romary nous indique l’épitaphe qu’il a déjà choisie : « Aurait aimé faire de la musique… n’aura fait
que des chansons ».
Nous ajouterons : « ...et nous en a fait profiter ».
Si seulement j’avais les moyens
Je rachèterais la bâtisse
Avec un p’tit peu d’entretien
Elle reprendrait vite du service
Des poules un coq et puis deux chiens
Sous un toit couleur écrevisse
Quitter ma vie de Parisien
Pour aux Sablons faire mon office
Refrain :
Je revois la grille et l’entrée
C’est pas des choses que l’on oublie
La maison de la tante Andrée
Les vignes de Cour-Cheverny
Le grand champ d’asperges dorées
Et le hangar les jours de pluie
L’odeur du bois qu’on a coupé
Les vignes de Cour-Cheverny
Et certains soirs je me souviens
Du puits des prunes et du cassis
La beauté de ces temps anciens
Monsieur Lagneau toujours complice
Je revois la grille et l’entrée…
Le grand champ d’asperges dorées…
Éternel sera mon regret
De n’avoir jamais pu
Faire de cet endroit mon palais
Un refuge pour vivre en reclus
Je revois la grille et l’entrée…
Le grand champ d’asperges dorées…
Je rachèterais la bâtisse
Avec un p’tit peu d’entretien
Elle reprendrait vite du service
Des poules un coq et puis deux chiens
Sous un toit couleur écrevisse
Quitter ma vie de Parisien
Pour aux Sablons faire mon office
Refrain :
Je revois la grille et l’entrée
C’est pas des choses que l’on oublie
La maison de la tante Andrée
Les vignes de Cour-Cheverny
Le grand champ d’asperges dorées
Et le hangar les jours de pluie
L’odeur du bois qu’on a coupé
Les vignes de Cour-Cheverny
Et certains soirs je me souviens
Du puits des prunes et du cassis
La beauté de ces temps anciens
Monsieur Lagneau toujours complice
Je revois la grille et l’entrée…
Le grand champ d’asperges dorées…
Éternel sera mon regret
De n’avoir jamais pu
Faire de cet endroit mon palais
Un refuge pour vivre en reclus
Je revois la grille et l’entrée…
Le grand champ d’asperges dorées…
Paroles & musique : Bruno Romary
(2263/2018) CD 198 : Chien sans collier (2018).
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Hommage rendu à une habitante du quartier (2) |
(2) Bruno Romary nous a confié
cette photo prise en 2006. Le panneau ayant aujourd’hui disparu, La Grenouille
s’est imaginée que l’impasse (privée) avait été depuis débaptisée… Il n’en est
rien… : en fait, ce panneau avait été confectionné vers 1996 par les habitants
du quartier en mémoire de Henriette Choubard, voisine décédée l’année précédente
et faisant partie d’une famille très présente aux Sablons, pour rendre hommage
à cette personne dont tout le monde gardait un excellent souvenir. Cette plaque,
qui n’avait rien d’officiel, avait été posée lors de la première fête des
voisins du quartier, une des toutes premières à cette époque…
La Grenouille n°45 - Octobre 2019 - PL
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