L'hôtel de ville de Cour-Cheverny

La mairie, ou l’hôtel de ville, est un bâtiment incontournable de la vie de la commune. Les origines de l’appellation « l’hôtel de ville » remontent au XIe siècle, qui correspond au déclin du pouvoir seigneurial et à l’octroi des « privilèges » aux municipalités. 
La bourgeoisie émergente y établit le siège du gouvernement de la cité. L’hôtel de ville désigne alors la mairie principale des villes importantes. Après 1789 et la rupture avec la monarchie, les Français s’organisent. Les paroisses deviennent les communes.
 À Cour-Cheverny, le Prieur curé Delarue exerce quelques mois les premières fonctions de maire. Trois titulaires se succéderont en deux ans jusqu’à ce que, fin 1792, Jacques Bimbenet, ancêtre d’une famille locale connue, assure la fonction de maire. 

Après la Révolution Les assemblées municipales ne disposaient pas d’édifice public pour leurs réunions. Elles utilisaient, au départ, les bancs de l’Oeuvre de l’église, puis le presbytère. Ensuite, et certainement dès 1905, lors de la séparation de l’église et de l’État, elles louent les locaux, successivement dans différentes maisons du bourg pour lesquelles elles devaient payer un loyer, le chauffage et l’éclairage. Ce qui n’allait pas sans poser des problèmes. 
En septembre 1852, M. Ganne, nouvellement élu maire, fait déménager les papiers et objets dépendant de la mairie, du local loué alors à Mme Veuve Touchain, vers un nouveau local. Il fait voter un loyer annuel de 100 F, des frais de secrétariat et de chauffage ainsi qu’un budget pour l’équipement de cette nouvelle salle de mairie : 18 chaises neuves convenables et solides, une table longue ou ovale et recouverte d’une serge verte, l’établissement de porte manteaux pour accrocher les chapeaux, casquettes, manteaux, deux flambeaux, et l’acquisition d’une horloge ou oeil de boeuf. Nous allons voir que les démarches et les tracasseries administratives comme financières vont être nombreuses, interrompues par la guerre de 1870. Il faudra des décennies avant d’aboutir à la construction de la mairie. Mais elles vont aussi totalement bouleverser l’urbanisation d’une partie de notre commune. 

1858 
Les foires, marchés et les louées (1) se tiennent sur la place de l’église devenue trop petite pour recevoir cette activité commerciale et source de nuisances. « Le marché alimentaire, qui a lieu chaque semaine, se tient depuis les origines du marché, le long du mur de l’église, le bruit incessant causé par les vendeurs et les acheteurs nuit à l’exercice de l’office religieux… Chaque dimanche, la louée (1) des domestiques, journaliers et vignerons, qui, réunis avec les marchands, occupe toute la route de Blois et obstrue la circulation, des accidents sont à déplorer par le passage des voitures… Les murs de l’église se retrouvent infestés par les ordures ignobles… Dans l’intérêt de l’ordre et par respect pour l’édifice religieux, il est utile pour la commune et encore plus pour l’avenir, d’avoir un nouvel emplacement plus grand, plus digne et plus convenable ».
 Rapidement, l’acquisition de terrains dans le bourg, soit à l’amiable, soit par expropriations est décidée pour créer cette nouvelle place ; le choix d’un lieu est arrêté, jugé le plus convenable aux intérêts de la généralité de la population de la commune, pour recevoir les trois marchés hebdomadaires : c’est l’actuelle avenue de la République qui débouchait alors sur les champs. Mais cette opération entraînait des dépenses importantes pour l’acquisition de bâtiments, de terres et jardins. Le projet est voté avec un budget de dix mille francs. En novembre 1858, le maire rend compte que le projet d’expropriation, pour cause d’utilité publique, de divers immeubles situés dans le bourg, permettant la formation d’une place publique est accepté, il considère « les oppositions formulées, comme dictées par un intérêt personnel sans penser ni à l’avenir ni à l’utilité publique pour la commune ». Deux propriétaires, M. Blineau et Mme veuve Pichery sont vendeurs à l’amiable. Avec M. Dubaux, commerçant, après discussions, un accord est trouvé en février 1860. Le maire est autorisé à faire un emprunt de « précaution » de 7000 F auprès de toute personne de la commune, moyennant paiement des intérêts annuellement … 

Juin 1860 
Il est envisagé « d’établir une halle pour y recevoir et mettre à couvert, pendant les mauvais temps, les marchands et acheteurs les jours de marché. Cette halle serait construite sur la nouvelle place, en face de l’entrée principale. Cette construction devant être établie avec économie et appropriée aux besoins de la commune ». Le Conseil juge qu’il serait de l’intérêt de la commune de donner les travaux en régie, sous la direction de l’agent voyer de Contres. « Elle sera construite à l’extrémité levant de cette place, aurait 17 m de long et 8 m de large ; elle serait close au levant par un mur de 5 m d’élévation au-dessus de terre, que sa façade, vers couchant serait en briques avec arcades cintrées qui reposeraient sur des assises en pierres dures, et que la toiture de la charpente serait couverte en ardoises. ». Le 10 décembre 1860, le plan est communiqué avec le devis des frais de construction. 
« Les travaux sont donnés en régie et pourraient être faits exclusivement par les ouvriers du pays qui s’offrent pour un prix en dessous des prix courants, en raison du but et de l’utilité communale de ces travaux, et que cette régie fournirait de l’ouvrage cet hiver aux ouvriers du pays dont les travaux sont arrêtés ». 

En 1860, Cour-Cheverny compte 2 328 habitants, et Cheverny 1 212 
Des problèmes de circulation sont signalés pour la traversée de la commune. D’autre part, l’école de garçons fonctionne dans une maison particulière devenue trop petite. En 1861, le Conseil municipal envisage d’acquérir des terrains pour créer une rue reliant le mail de l’église à la nouvelle place (actuelle rue Gambetta), d’une autre rue allant de cette nouvelle place à la rue Gillette (actuel Boulevard Munier), et l’agrandissement de la nouvelle place. Un emprunt de 50 000 F est sollicité : il est refusé. Le conseil modifie son projet, prévoit d’augmenter les impôts, et sollicite, en 1862 un emprunt de 27 000 F sur 18 ans. 

1864
Le Conseil projette la construction d’une école de garçons. L’architecte blésois, M. Massé, présente un premier projet. « L’école serait construite au nord de la halle, la mairie ensuite au midi de la halle ». Le projet est accepté mais la réalisation ne suivra pas. 

1868 
M. Deville propose de vendre à la commune une maison pouvant servir de salle d’école, de mairie et de logement pour un instituteur pour 24 000 F. L’offre est refusée car trop onéreuse, située trop loin du bourg et elle ne répond pas aux normes exigées. Le préfet est sollicité pour accélérer l’approbation du projet de 1864, sans résultat. Le Conseil demande à nouveau, en 1865, à l’architecte Massé de préparer un dossier définitif en estimant les dépenses. En mai 1868, le plan est présenté : la décision est ajournée, des modifications sont demandées car le prix est trop élevé. Un mois plus tard un nouveau plan est adopté auquel il faudra encore « apporter des modifications pour arriver à un chiffre raisonnable sans nuire à la solidité ». Mais en août 1868, le plan de l’architecte Massé est abandonné. Un autre projet est alors demandé à M. Guénon, agent voyer à Blois, qui est accepté. Puis la guerre de 1870 est déclarée et les entreprises s’arrêtent de travailler… 

Août 1871 
La halle construite en 1860, abritera la pompe à incendie et ses accessoires, logés chez un particulier à raison de 50 F par an, « car dans un temps où les économies d’administrations sont devenues une nécessité d’époque, il n’est point de détail indigne des administrations locales. La halle de Cour-Cheverny n’a pas d’emploi reconnu indispensable, elle ne sert que d’abri, en conséquence il est facile d’y trouver le logement pour la pompe et ses accessoires, une clôture interne fermant à clé est nécessaire, elle sera faite suivant un devis se montant à 50 F, c’est le prix d’une année de location, pour voir ensuite la pompe logée gratuitement dans un bâtiment communal. » 
Précisons qu'il ne s’agit pas de la halle que nous connaissons aujourd’hui. La guerre entraîne de nombreux préjudices et semble léser une partie de la population, c’est ce qui ressort des remarques rapportées dans les comptes-rendus des conseils municipaux, et les économies sont les bienvenues. 

Février 1873 
Quinze habitants adressent une pétition afin « qu’il soit ouvert une rue partant de la route de Bracieux, en face du vieux cimetière et allant vers la halle, sur une longueur de 61 m, une largeur de 5 m, et se terminant à la rue qui lui est perpendiculaire. Une commission examine la demande et donne, en mai, un avis favorable. M. Martinet, propriétaire du terrain, cède gratuitement à la commune les deux tiers du terrain formant déjà rue, et demande 200 F pour la portion nécessaire à l’ouverture de la rue du côté de la halle, jusqu’à la jonction à la rue perpendiculaire ». C’est l’actuelle rue Gambetta.

Juin 1874 : retour des projets de maison d’école et de mairie Le maire expose au Conseil que « la commune de Cour-Cheverny, une des plus importantes du Loir-et-Cher, est encore aujourd’hui sans mairie ni maison d’école de garçons. Pendant plus de 15 ans, le conseil municipal répondant aux voeux de la population, a régulièrement fait des propositions et projets souvent renouvelés, d’édification… mais leurs efforts ont échoué devant les intentions contraires ou plus justement devant les combinaisons intéressées de l’ancien maire ». Après des vicissitudes diverses, la maison servant provisoirement d’école depuis huit ans, fut gracieusement offerte par M. le Marquis de Vibraye, mais elle doit être libérée. Il est donc nécessaire et obligatoire de doter la commune d’une mairie et d’une maison d’école, réclamée par la population entière, jalouse en cela de toutes les communes voisines, moins importantes, qui en sont pourvues. La position financière de la commune permet ces dépenses dans la mesure rigoureusement étudiée de ses besoins. Les plans et devis de M. Guénon sont à nouveau approuvés. La dépense totale s’élève à près de 44 000 F. Le Conseil espère que la commune sera « puissamment aidée par le gouvernement, qui ne manquera pas de prendre en considération les sacrifices que nous nous imposons dans une année où, aux charges d’une douloureuse et récente invasion, s’ajoutent les pertes considérables résultant, dans un pays presque exclusivement vignoble, des sinistres produits par les gelées printanières de quatre années consécutives ». La commune envisage un emprunt de 30 000 F. Mais le ministère de l’Instruction publique considère que la commune dispose de ressources suffisantes pour construire une école puisqu’elle envisage de construire, en plus, d’autres équipements. Et l’école est menacée de fermeture… 

15 janvier 1875 Le maire, M. Bonamy, suite à la notification du préfet concernant le rejet par le ministère de l’Instruction publique, avec le Conseil, fâché, « exprime unanimement sa surprise, dans la réponse ministérielle mentionnant des explications contraires à l’interprétation des choses, et la notification qui révèle un examen bien superficiel du dossier de la commune ». (phrase soulignée dans la délibération, ce qui est exceptionnel). Et le maire de citer les subventions accordées aux communes environnantes pour leurs constructions d’école, de conclure : « Cour-Cheverny a donc singulièrement démérité, avec 2 432 habitants, sans aucun revenu, s’imposant de lourdes charges contributives, et néanmoins menacée en haut lieu, de n’avoir aucune subvention ». Le Conseil décide alors de construire en priorité l’école de garçons, et ajourne la halle-mairie. Une subvention de 5 000 F lui est accordée le 20 mai 1875 par le ministère de l’Instruction publique. Lors de cette même séance, le maire expose que le bail passé avec M. Lasger, pour la location du local hébergeant la mairie et le garde champêtre est expiré depuis le premier novembre. La construction de la mairie se trouvant encore ajournée, il faut prolonger le bail en prévision des constructions qui ne pourront être terminées avant l’année 1876. Le maire propose de fixer à deux années la prorogation du bail, depuis le 1er novembre 1874 jusqu’au 1er novembre 1876. 

Janvier 1876 
La halle construite en 1860 est démolie. Sur la demande de l’administration, M. Ricou, cafetier sur la place du marché, a laissé libre sa salle de bal, les dimanches et jours de marché, pour les vendeurs et les acheteurs. 

18 mai 1876 
M. Bonamy rappelle que les plans et devis de M. Guénon pour la construction de la mairie ont été acceptés depuis longtemps, que le préfet avait, lui aussi, jugé urgente cette construction. Le Conseil vote un emprunt de 17 000 F sur 10 ans, et une imposition extraordinaire de 11 centimes ¼, à partir du 1er janvier 1877. La construction de l’école commence en avril 1876. Cette date « 1876 » est visible sur une pierre de la façade à gauche de l’édifice actuel. C’est peut-être la première pierre de l’édifice école-mairie tel qu’il était prévu, mais le refus initial de la subvention avait obligé la municipalité à scinder les deux projets. 

31 mai 1877 
Le maire rappelle que, depuis plus de 20 ans, le projet de construction de mairie fait l’objet de nombreuses délibérations ; la construction de l’école est presque terminée. Mais le coût pour la construction de la mairie-halle et logement de la pompe s’élève à 30 000 F, un nouvel emprunt permettra de faire face à cette dépense ! L’adjudication des travaux de la mairie-halle a eu lieu à la préfecture le 19 décembre 1877 : les travaux de maçonnerie et de couverture sont traités par le maire de gré à gré, du fait de l’urgence ; messieurs Vicaire et Larue, maîtres maçons et Rougier, couvreur, présentent les garanties nécessaires. Ils sont dispensés de cautionnement, comme le seront les autres entreprises Nègre (charpente), Vanreye (menuiserie) et Daudin (plâtrerie). 
Hôtel de ville de Cour-Cheverny
Place de la Mairie, avec au premier plan la vespasienne

Février 1879 
La construction est terminée. La nouvelle mairie est meublée, et les fournitures livrées permettent une rapide mise en fonctionnement. Lors de la construction de la mairie, outre les bureaux prévus pour l’administration municipale, trois logements permettent d’accueillir le garde champêtre, un instituteur ou encore des employés municipaux, dans la partie située à gauche du bâtiment (accès rue Barberet) et un logement à droite du bâtiment, pour le secrétaire de mairie. Ceci évite le versement d’une indemnité de logement qui leur est réglementairement due. De même, il n’y aura plus de location de locaux pour permettre les réunions du Conseil. 

L’horloge de l’hôtel de ville 
Au XIXe siècle, l’architecture publique intègre la place de l’horloge au centre du fronton de la façade d’hôtel de ville. 
À la séance du 4 août 1907, le maire informe le Conseil qu’une somme de 1 500 F est prévue au budget pour l’achat d’une horloge pour l’hôtel de ville. La fourniture et le travail étant modestes, le conseil l’autorise à traiter de gré à gré avec l’un des horlogers du pays, après s’être entouré des renseignements destinés à l’éclairer et pour avoir des conditions avantageuses pour la commune. Les deux horlogers de la commune sont consultés : l’offre de M. Gabelle est le plus avantageuse et le Conseil l’approuve. 
Cette « horloge d’édifice » a été fabriquée à Morez (Jura) par Louis-Delphin Odobey, famille de fabricants horlogers de père en fils, qui innove en se spécialisant dans les horloges d’édifices. Premier fabricant à inscrire son nom sur les horloges, il multiplie les dépôts de marques de fabrique et protège sa propriété industrielle. C’est une des plus importantes maisons d’horlogerie d’édifices de France. Le mécanisme est magnifique et volumineux (un mètre cube), de conception et d’exécution exceptionnelles sur le plan technique : les axes des rouages sont sur le même plan horizontal. Ce mouvement, qui double la sonnerie des heures et des demies, doit être remonté tous les 8 jours. Dès 1908, l’entretien et le remontage des horloges communales (église et mairie) est assuré alternativement par M. Gabelle ou M. Mollinger, horlogers à Cour-Cheverny. Actuellement, un employé communal la remonte en fin de semaine. Un contrat d’entretien annuel permet de maintenir en parfait état de fonctionnement cet exceptionnel élément du patrimoine courchois. 

1924 
M. Feitu, sculpteur qui a réalisé le Monument aux morts de Cour-Cheverny, offre à la commune une plaque de marbre à la « Mémoire des enfants de Cour-Cheverny morts en défendant la France, le droit et la liberté » qui a été mise en place dans la salle du Conseil municipal. 
Durant le XXe siècle, le rez-de-chaussée dit « la halle » servait de salle des fêtes, où la Lyre, en particulier, organisait chaque hiver des spectacles : concerts, pièces de théâtre ou opérettes en un acte, durant deux week-ends, comme en janvier et février 1926. Puis avec la création des « Joyeux Fantaisistes », en 1938, elle donnait régulièrement des spectacles qui alliaient musique, théâtre et sketches comiques. En mars 1948, La Lyre crée aussi un Comité des fêtes pour « organiser des manifestations musicales et artistiques », concernant uniquement sa société. M. Berger est le premier président. 

Les années s’écoulent et la commune voit sa population augmenter 
Les tâches administratives sont de plus en nombreuses et se complexifient. Les locaux de la mairie, construits il y a 90 ans, ne répondent plus aux besoins. C’est dans un bureau, au rez-de-chaussée, que le maire recevait ; un bureau permettait aussi l’accueil du public, dans lequel travaillait le secrétaire général, et deux employées administratives. La confidentialité y était difficile ! 

Juin 1971 
Hôtel de ville de Cour-Cheverny
Au centre, Jean Grateau, maire de Cour-Chevery
avec, à sa gauche, Alain Poher, président du Sénat
Un projet d’aménagement des locaux de la mairie et la construction de WC publics établi par M. Amiot architecte à Blois est présenté par le maire, le docteur Jean Grateau. Le niveau du sol a été rehaussé, les grilles ont été remplacées par des portes vitrées et le chauffage central installé. Les 10 lustres de la salle de réception sont remplacés par 6 lustres plus élégants. Ces travaux de rénovation sont terminés fin 1972. Une réception provisoire a eu lieu en novembre 1973, puis définitive le 14 novembre 1974.
La célébration du centenaire de la pose de la première pierre de la mairie a lieu le 6 juin 1976 sous la présidence de M. Alain Poher, président du Sénat. De nombreuses personnalités étaient présentes lors de la cérémonie à la mairie : Pierre Sudreau, député-maire de Blois, le préfet, le colonel de gendarmerie Arnoult, le Colonel des sapeurs-pompiers Pennanech, entre autres... Le défilé eut lieu avec la Musique de la 13e division militaire régionale de Tours, qui donna un concert l’après-midi. Cette journée fut aussi l’occasion d’inaugurer l’école maternelle, puis la salle des fêtes qui venait d’être construite.
Hôtel de ville de Cour-Cheverny
La mairie de Cour-Cheverny en 2018

2017-2018 
Pour continuer la rénovation des locaux, au premier étage, le bureau du maire et un bureau pour les adjoints ont été aménagés dans les locaux d’un ancien logement, offrant des espaces d’accueil agréables et lumineux. La salle du Conseil municipal, qui est aussi la salle des mariages, affiche, dans l’ordre chronologique, les portraits des présidents de la République. Les services administratifs, secrétariat et comptabilité, sont aussi situés au premier étage. Au rez-de-chaussée, le bureau d’accueil a été agrandi, et côtoie le bureau du syndicat d’eau. En outre, des aménagements extérieurs réhaussés, agrémentés de beaux massifs fleuris, permettent le contournement symétrique des trois marches d’accès central, dans le respect de l’accessibilité des établissements ouverts au public.

Des visiteurs célèbres ont honoré notre mairie de leur présence C’est le cas de Pascal Forthuny (pseudonyme de Georges Cochet) : érudit, artiste peintre, poète, romancier et sinologue, originaire de Cour-Cheverny. Il est reçu le 29 août 1948 en présence du maire M. Chéry, de deux conseillers municipaux, le docteur Grateau et Mme Branchu ainsi que de Martin-Demezil, archiviste départemental. Le cortège, emmené par la Lyre, parcourt les rues de Cour- Cheverny, avec les personnalités et d’anciens compagnons d’école, jusqu’à la salle des fêtes (rez-de-chaussée de la mairie). M. Jules Denis, un fervent admirateur, retrace « la vie de l’enfant du pays, vie de labeur, de modestie et de bonté ». Pascal Forthuny, ému, le remercie de cette réception et de l’amitié que lui témoigne la commune. Il évoque ses souvenirs d’enfance, ses voyages à travers le monde où « pendant ce long périple, parcourant des sites merveilleux, il puisait des documents pour ses ouvrages, il n’oublia jamais « son pays ». Pendant plus d’une heure, il parla de la vie de l’ancien Cour-Cheverny, de personnages qui restaient dans sa mémoire, comme M. Bacon, son instituteur, ajoutant quelques anecdotes amusantes, et termina par un remerciement en vieux langage du pays qui souleva les applaudissements de la foule. En août 1960, Pascal Forthuny envoie un colis de livres de poésies qu’il offre à Cour-Cheverny.
En mai 1963, Paul Renouard, artiste peintre, envoie plusieurs de ses tableaux à Cour- Cheverny, où il vient régulièrement dans sa famille. Lors d’une réunion du conseil municipal, il est décidé que la salle du conseil portera le nom de « Salle Paul Renouard ». En association avec le conservateur des musées de Blois, le syndicat d’initiative et la mairie ont organisé une exposition d’oeuvres de Paul Renouard du 15 juillet au 15 septembre 1958 à la cantine de Cour-Cheverny. 
En avril 1994 le Général Morillon vient célébrer la bataille de Camerone en présence de l’académicien Jean-François Deniau. Ce dernier honorait très souvent de sa présence les cérémonies de voeux du maire dans notre commune. 

Nous pouvons clore cet historique, en citant le docteur Jean Grateau, le jour de la commémoration du centenaire de l'hôtel de ville : « nous pouvons mesurer à sa juste valeur, le courage, la perspicacité, le dévouement à la chose publique, qu’il a fallu à ceux qui entreprirent, au fil des mandats, malgré les sarcasmes, le dénigrement, parfois les calomnies, une oeuvre de cette envergure… considérant qu’il est inutile de s’arrêter à ces propos, dictés par des intérêts personnels, sans pensée d’avenir ni d’utilité publique pour la commune ».
Peut-être cette phrase a-t-elle servi d’argument à l’élaboration de la devise de Cour- Cheverny : « Bien faire et persévérer ».
C’est avec un plaisir chaque fois renouvelé que, en arrivant à pied, par l’avenue de la République bordée de sa rangée d’arbres, au retour d’un défilé de commémoration officielle, la sobre et belle silhouette élégante de notre mairie accroche notre regard, la blancheur de ses murs coiffés de ses toits d’ardoise, se détachant sur le ciel bleu… 

Sources : 
- Registres des délibérations des conseils municipaux de Cour-Cheverny de 1830 à 2018. 
- Archives départementales du Loir et Cher. 
Merci à Josiane Grateau pour sa contribution à cette évocation historique. 

(1) La louée : voir page La Grenouille n°41 - page 12  

Françoise Berrué - La Grenouille n°41 - Octobre 2018