Jacques-Marie-Louis Monsabré (né le 10 décembre 1827 à Blois et décédé le 21 février 1907 au Havre) est un prêtre dominicain français et prédicateur de renom. À Blois, l’école privée Sainte Marie Monsabré et le centre de loisirs ALSH Monsabré portent son nom. Citons également la Scène BRG (Blois rive gauche), ex théâtre Monsabré.
Cet illustre personnage a connu une brillante carrière ecclésiastique dont on peut prendre connaissance dans de nombreuses publications à son sujet
Une information plus rare nous est évoquée par le Journal des villes et des campagnes (1) du 13 mars 1873, qui concerne un souvenir mémorable qu’il a laissé à Cour-Cheverny.
Enfant de choeur à Cour-Cheverny…
« […] Blois, c’est presque la Touraine. Le P. Monsabré reproduit
dans sa physionomie intime, qui n’est point celle du prédicateur, les traits
caractéristiques du Tourangeau. Pour deviner le futur conférencier de
Notre-Dame [de Paris] dans le joyeux et turbulent diablotin qui faisait enrager
ses maîtres et passait sa vie à jouer des niches à ses camarades, il eût fallu
être grand prophète. Les habitants de Cour-Cheverny – un gros village de
l’arrondissement de Blois, où le jeune Monsabré passa une partie de son enfance
- ont gardé le souvenir de certain tour pendable qu’il joua un jour, dans ses
fonctions d’enfant de choeur, au premier chantre de la paroisse, et les anciens
du pays aiment à le raconter, en clignant de l’oeil, aux Parisiens qui passent
pas là ».
…et farceur
« Voici le fait dans toute son horreur. À l’église de
Cour-Cheverny, comme dans beaucoup d’églises de village, les cordes des cloches
pendent dans le choeur au-dessus du lutrin. Or, le premier chantre était chauve
et portait perruque ; tentation perpétuelle pour l’enfant de choeur assis
derrière lui. Un jour, il n’y peut plus tenir : il s’empare d’un cierge cassé,
en tire la mèche enduite de cire et joint d’un noeud bien serré les poils
follets de la perruque à la corde de la petite cloche […]. Puis, le moment
venu, il tire la corde qui, en se relevant, enlève la perruque et la fait
voltiger convulsivement dans les airs. Fou rire de l’assistance, fureur
légitime du chantre, indignation du curé, qui, après la messe, fait ranger tous
les enfants de choeur en demi-cercle dans la sacristie et les interroge les uns
après les autres. Chacun nie, bien entendu. Il avait gardé le plus suspect pour
le dernier et déjà le sentait faiblir, en regardant la figure de l’espiègle qui
l’épiait du coin de l’oeil.
- C’est donc toi, Louis ?
- Dame, monsieur le curé, puisque ce n’est pas les autres, il
faut bien que ce soit moi, répond le petit malheureux, en prenant son air le
plus patelin.
- Va-t’en ! cria le curé d’une voix terrible.
Et tandis que l’enfant de choeur s’esquivait sans se le faire
répéter deux fois, il soulageait son indignation en partant d’un éclat de rire
qu’il avait eu grand’peine à comprimer jusque-là.
On trouvera peut-être que le tour n’était pas neuf. C’est vrai ;
mais pour un enfant de Cour-Cheverny !...
[…] La farce de Cour-Cheverny eut là beaucoup d’héritières, dont
le clergé du diocèse parlera longtemps encore. Elles sont passées à l’état de
traditions locales qu’on transmet fidèlement aux nouveaux, non sans les
amplifier quelque peu ».
La mémoire collective n’étant pas éternelle, il fallait bien que
La Grenouille vous rapporte cette anecdote vieille de plus de 180 ans…
P. L. ■
(1) Fondé en 1815, le Journal des villes et des campagnes paraît jusqu’en 1895. Source Retronews.fr
La Grenouille n°71 - avril 2026
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