La Villa Talcy rue Barberet a de la mémoire

La Villa Talcy à Cour-Cheverny
La mémoire de ses murs nous est contée dans les grandes lignes par Paul-Henri Guermonprez à travers l’histoire de sa famille qui occupe les lieux depuis le XVIIIe siècle et dont les personnages de caractère les ont fortement marqué de leur empreinte durant plusieurs générations.

La Villa Talcy à Cour-Cheverny
Cette maison située à la sortie du bourg de Cour-Cheverny en direction de la route de Bracieux, paraissant souvent inhabitée, a parfois interrogé ses habitants qui pouvaient penser qu’elle put être endormie.
L’histoire commence par les ancêtres des Ternoy Goube vers 1700. La maison quitte la famille par deux fois une trentaine d’années puis toutes les autres passations furent toujours inter-familiales. C’est grâce au marquis de Vibraye que cette maison revient dans la famille en octobre 1933 à Charles Goube. En 1952, c’est Antonie Goube qui en hérite, puis son fils Paul en 1980 et les enfants de Paul, Léopold et Adèle, qui en sont propriétaires depuis 2023.
Cette propriété fut le plus souvent une résidence de vacances, contrairement aux autres maisons de famille situées à Lille, à Paris et en Vendée. Pourtant, l’oncle d’Antonie, Charles Goube, habita la Villa Talcy de 1930 à 1955.
La Villa Talcy à Cour-Cheverny

La Villa Talcy à Cour-Cheverny
L’histoire familiale des Guermonprez-Goube
C’est en grande partie à Lille et dans sa région que les parents et grands-parents de Paul, le fils cadet de Tonie (Antonie), développèrent leurs activités. Jusqu’au Second Empire, Lille comptait environ 300 moulins à huile. Les familles Ternoy et Guermonprez-Goube produisaient de l’huile de colza destinée à l’alimentation et à l’éclairage des villes, puis importèrent des huiles minérales (pétrole). Les entreprises familiales produisaient également des batteries pour les lampes de mineurs sous la marque « ACCU NORD » ainsi que des appareils de radio.

Charles Goube, ingénieur, était un homme très engagé : il était administrateur de grandes sociétés et de banques, il fut également président des écoles libres de France. Le couple Antonie Goube (1912-1998), et Denis Marie Joseph Guermonprez Goube (1902-1971), eut cinq enfants : Antonie (1933) ; Anne (1939) ; France (1942) ; Jacques (1944) ; Paul (1948). Les quatre premiers fréquentèrent l’école Saint-Louis de Cheverny.

Les entreprises industrielles du père d’Antonie Goube (Tonie) l’obligeaient à voyager beaucoup à travers le monde ; Antonie était alors le plus souvent en compagnie de ses oncle et tantes de Cour-Cheverny.

La Villa Talcy à Cour-Cheverny

La Villa Talcy à Cour-ChevernyLa Villa Talcy à partir des années 1960-70
À cette époque, Antonie Goube était présente beaucoup plus fréquemment à la propriété de Cour-Cheverny. Talcy était resté « dans son jus » depuis la guerre et la maison était d’un confort rudimentaire. Autant elle était agréable l'été, avec son parc, l’hiver, c’était la maison des courants d’air...

1967-1968 : la « Révolution culturelle » à Cour-Cheverny s’est également inspirée du lieu de référence qu'était le château de La Borde où étaient hébergés quelques nostalgiques de l’idéal de la Révolution parisienne : « Sous les pavés la plage... ».

La Villa Talcy à Cour-Cheverny
Le temps des copains
Quatre copains débutèrent leur vie active en effectuant des petits boulots à Paris, notamment comme peintres en bâtiment :
- Alain Charron, qui épousa Sylvaine, la soeur de Patrice Duceau et créa le Journal de la Sologne à Talcy ;
- Alain Souchon, qui grattait la guitare ;
- Bernard Minet, qui devint guide de haute montagne ;
- Paul Henri Guermonprez, le fils de la Villa Talcy.
Cette joyeuse équipe va rassembler autour d’elle une bande de Lillois comme Georges Delattre et Jean-Baptiste Carlier qui ont pris racine depuis.
C’est en 1972 qu’est né le Journal de la Sologne. L’équipe préparait des paquets de dix exemplaires destinés à être distribués dans tout le département.
Cette maison reçut au cours des siècles une suite d’hôtes brillants et aimables dont l’éclectisme n’eut d’égal que le talent ; ainsi ces murs accueillirent de nombreux musiciens comme le jazzman Michel Graillier, la grande historienne du théâtre Geneviève Latour, le chartiste paléographe Jean Dérens qui termina sa vie en ces lieux et bien d’autres archéologues, conservateurs, historiographes, écrivains et même cinéastes…

P. D. 

Les objets insolites de la Villa Talcy
Les membres de la famille sont nombreux à être passionnés d’histoire, d’archives et d’archéologie, dont Paul Guermonprez. La Villa Talcy abrite nombre de témoignages des époques passées : témoignages locaux ou non, mais souvent inattendus. La Grenouille a sélectionné quelques objets qui racontent tous une histoire, même si elle nous reste en grande partie mystérieuse

La poutre des Chouans
Cette poutre, longue de 3,60 m, est placée au mur du vestibule de la Villa Talcy. Elle est issue d’une grange de Vendée où les Goube possédaient une maison de famille. Cette grange abritait un repaire de Chouans. Ces derniers venaient assister à des messes dites par des prêtres réfractaires. Les participants ayant été avertis d’une dénonciation auprès des Républicains ont scié la poutre gravée d’inscriptions qui relataient les faits d’armes des Chouans pour la soustraire aux représailles des Républicains.

La Villa Talcy rue Barberet a de la mémoire

La chapelle en bois de la Villa Talcy à Cour-Cheverny
La chapelle en bois de la Villa Talcy
La chapelle de la Villa Talcy, située dans le parc de la propriété de la rue Barberet à Cour-Cheverny, est un petit monument remarquable à bien des égards.
Nous savons peu de choses sur son histoire. La chapelle était reliée à des bâtiments annexes, dont d’anciennes écuries qui prolongeaient le logis principal (en couvrant l’accès de la glacière qui fut préservé), et qui ont été démolies vers 1805 à la suite d’un incendie. La chapelle a été restaurée deux fois. Elle est construite en bois sur une semelle de pierres de récupération.

La chapelle en bois de la Villa Talcy à Cour-ChevernyDes petits témoignages de la grande Histoire
L’histoire de la petite plaque métallique qui surplombe la porte de la chapelle est liée à la construction de la basilique du Sacré-Coeur de Montmartre.
Lors de la Commune de Paris, les communards, avec la complicité de soldats, s’étaient emparés de la réserve de canons qui se trouvait au sommet de la butte Montmartre. Les opposants aux communards avaient fait le vœu de construire une basilique à Montmartre afin de solliciter le pardon divin pour « expier » les destructions et les massacres perpétrés lors de cette période tragique. Chaque donateur reçut alors la même petite plaque métallique identique à celle de la chapelle de Talcy, qui représente un Christ.

En poussant la porte de la chapelle...
À l’intérieur, l’autel est constitué d’une poutre sculptée d’’époque Renaissance. Au-dessus, face à l’entrée, un vitrail. Les séquences d’un chemin de Croix ornent les deux murs latéraux. L’ensemble est habillé de divers objets cultuels.

La chapelle en bois de la Villa Talcy à Cour-Cheverny

La chapelle en bois de la Villa Talcy à Cour-Cheverny

La chapelle en bois de la Villa Talcy à Cour-Cheverny


J.-P. T.

La Grenouille n°70 – Janvier 2026

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