La
déclaration de guerre du 1er août 1914 et la mobilisation entraînent dans tous
les départements français une réorganisation du dispositif sanitaire. Le
Loir-et-Cher, situé en zone de l’intérieur, voit dès le 2 août la mise en place
du dispositif prévu par l’administration militaire.
Au fur et à
mesure que la guerre se prolonge, ce dispositif va évoluer et s’adapter.
Le département
du Loir-et-Cher possède dans chacun de ses trois chefs-lieux d’arrondissement
un hôpital mixte civil et militaire permettant l’accès aux soins aux hommes des
régiments cantonnés dans les casernes (113e régiment d’infanterie à Blois et
Romorantin, 20e régiment de chasseurs à cheval à Vendôme). On en trouve
également cinq autres dans le département (Mondoubleau, Montoire-sur-le-Loir,
Montrichard, Saint-Aignan et Selles-sur-Cher), qui complètent le dispositif
d’avant-guerre.
Dès
l’entrée en guerre, et tout au long du conflit, la capacité d’accueil de ces
hôpitaux permanents s’est vite montrée insuffisante, et les autorités dûrent
réquisitionner de nombreux bâtiments pour y organiser des hôpitaux temporaires
: écoles, institutions religieuses, etc. De nombreux châtelains vont également
offrir leurs demeures pour les convertir en lieux de convalescence.
C’est ainsi
qu’une centaine de formations sanitaires, réparties sur tout le département,
vont accueillir des milliers de blessés et malades, de façon permanente ou
discontinue, en fonction de l’arrivée des convois des blessés et malades
provenant de la zone de guerre.
Ces
hôpitaux temporaires étaient répartis en trois groupes :
• les
hôpitaux temporaires contrôlés directement par le Service de Santé des Armées
;
• les
hôpitaux auxiliaires administrés par des sociétés d’assistance de la Croix
Rouge en lien avec le Service de Santé des Armées ;
• les
hôpitaux bénévoles, gérés par des particuliers ou des associations en
respectant un cahier des charges imposé par l’autorité militaire.
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Extrait d'un registre de référencement des hôpitaux annexes durant la guerre 1914-1918 |
C’est dans
ce cadre que la marquise de Vibraye, propriétaire du château de Chantreuil à
Cour-Cheverny, a mis à disposition sa demeure pour servir d’hôpital militaire.
Ouvert le 22 juin 1915 (et en activité jusqu’à fin 1916), c’était l’hôpital
auxiliaire n° 49, dépendant de la 5e région militaire dont le quartier général
était à Orléans. Il était tenu par la Société de Secours aux Blessés Militaires
(SSBM) et abritait une vingtaine de lits. Dans ces hôpitaux oeuvraient de
nombreux bénévoles locaux pour soigner et accompagner les patients. Ces
établissements bénéficiaient également de nombreux dons (nourriture, vêtements,
etc.) de la population locale ou des municipalités.
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Soldats américains posant devant le château de Chantreuil |
De nombreux
hôpitaux annexes furent également créés dans les environs, notamment dans les
châteaux de Beauregard et de Chitenay.
Durant
cette période, on retrouve également la trace de l’utilisation provisoire de la
mairie de Cour-Cheverny, sans doute dans la grande salle du rez-de-chaussée,
pour accueillir des blessés ou malades (une vingtaine de lits), la municipalité
ayant ouvert une souscription pour financer cette opération.
L’hôpital
de Chantreuil a ensuite été repris par l’armée américaine le 1er octobre 1918.
C’était le « Camp Hospital n° 87 » et sa capacité s’élevait alors à 100 lits.
Il soignait principalement les malades du « Signal corps » (corps des
signaleurs, le service des transmissions). Son personnel provenait en grande
partie des services médicaux issus des régiments de transmissions. L’hôpital
ferma le 17 février 1919.
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A l'intérieur de l'hôpital de Chantreuil |
Cour-Cheverny
est connue pour être aussi la commune sur laquelle le « Signal corps
replacement depot office » (Bureau de l’unité de réserve du corps des
signaleurs) s’était installé. C’était l’antenne des transmissions pour l’armée
du général Pershing chargé par le président Wilson de commander le corps
expéditionnaire américain en Europe.
Notons
également que le cimetière de Cour- Cheverny a accueilli les corps de 9 soldats
américains, rapatriés aux États-Unis en 1922.
En 2017,
dans le Loir-et-Cher et ailleurs, on commémorera le centenaire de l’arrivée des
soldats américains sur le sol français.
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Lors d'une commémoration, une mère américaine se recueille sur la tombe de son fils "mort pour la France" |
Merci à
l’Association France États-Unis de Loir-et-Cher, qui a mis ses archives à la
disposition de La Grenouille, complétant le document des Archives
départementales du Loir-et-Cher « Les formations sanitaires en Loir-et-Cher
- 1914-1918 », consultable sur internet.
Le Triton - La Grenouille n°34 - Janvier 2017
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