À boire et à manger

La Grenouille a découvert un intéressant document permettant de faire la connaissance d’un inventeur courchois du XIXe siècle qui mit au point un appareil original, et sans doute fort utile pour les propriétaires de chevaux de l’époque…

À boire et à manger - Louis Deguenant
Louis Deguenant est né le 22 mars 1829 à Bélâbre dans l’Indre et épouse Élise Honorine Jacquot (1832-1890) le 22 juin 1853 à Cour- Cheverny. On trouve sa trace dans les états du recensement de 1872, demeurant dans le bourg, profession serrurier, mais sans qu’on puisse déterminer le lieu exact de son habitation.

Un brevet de 1883Le document dont nous avons eu connaissance est un brevet, qui nous indique : « Sur un procès-verbal dressé le 1er septembre 1883, à 2 heures 45 minutes, au Secrétariat général de la Préfecture du département de Loir-et-Cher et constatant le dépôt fait par le Sieur Deguenant d’une demande de brevet d’invention de quinze années, pour une boîte automatique portative, donnant l’eau et l’avoine à un cheval à l’heure que l’on désire sans être obligé de se déranger,
Arrêté ce qui suit : Article premier. Il est délivré au Sieur Deguenant Louis, serrurier mécanicien à Cour-Cheverny (Loir-et- Cher), sans examen préalable, à ses risques et périls, et sans garantie, soit de la réalité, de la nouveauté ou du mérite de l’invention, soit de la fidélité ou de l’exactitude de la description, un brevet d’invention de quinze années, qui ont commencé à courir le 1er septembre 1883, pour une boîte automatique …/… ».

À boire et à manger - Louis Deguenant
Quelques explications
Accompagnant le brevet, un document manuscrit de deux pages rédigé par Louis Deguenant, complété par 4 dessins, nous permet de comprendre l’utilité et le fonctionnement de l’appareil…« À l’heure voulue, l’eau tombe dans une auge destinée à la recevoir et douze minutes après l’avoine. Cette boîte est portative, elle peut être placée avec facilité soit dans le râtelier ou accrochée aux barreaux par une courroie ou une chaînette fixée à la boîte à cet effet, et lorsque la boîte est garnie de son eau et d’avoine, et que l’on a fixé l’heure de la sortie et fermé à clef, aucune personne étrangère ne peut rien changer.
La grandeur et la forme de cette boîte n’ont rien de précis ; elle peut être modifiée selon le désir de l’acheteur ».
Suivent ensuite les références aux croquis accompagnant le brevet, dont nous reproduisons quelques-unes ci-dessous :
« A. planche du devant de la boîte sur laquelle sont montées toutes les pièces.
B. platine de cuivre sur laquelle est monté le mouvement et les deux leviers D.
C. molette tournante avec la petite roue F qui porte les deux goujons 2 et qui porte la petite aiguille u ; les trois pièces sont obligées de tourner ensemble.
D. levier ouvert pour l’eau.
F. coulisse prise dans la tête du levier D et glissant dans les rainures R.
DD. levier de l’avoine fermé
FF. coulisses fonctionnant comme la précédente.
…/… »
« Je m’engage en outre à faire subir à cette invention toutes les modifications que l’on pourra désirer.
Fait en double exemplaire à Cour-Cheverny le cinq août mil huit cent quatre-vingt trois.
À boire et à manger - Louis Deguenant
L. Deguenant »
« Ministère du Commerce - Brevet d’Invention sans garantie du Gouvernement (1) - Durée 15 ans – n° 157 324
Pour le Ministre du Commerce, le Chef de Division, C. Nicole ».

Une carrière internationale

Il semble que cette invention ait connu un certain succès, puisque l’appareil a été breveté ensuite en Belgique le 25 mars 1884 (n°64 424), en Allemagne (n° 29 140) et en Angleterre le 28 mars 1884 (n°5 622) et aux Etats Unis le 19 novembre 1885 (n° 354 308).

À boire et à manger - Louis Deguenant

Un ingénieux système
Nous avons pu nous procurer le brevet américain, qui est imprimé et accompagné de remarquables dessins de l’appareil, qui permettent de comprendre encore mieux le mécanisme conçu par notre génial inventeur… Il est en fait conçu à partir d’une horloge, qui permet, à l’heure voulue, l’ouverture d’une trappe pour l’avoine et douze minutes plus tard le relevage d’un levier appuyant sur un tuyau en caoutchouc pour libérer l’eau : à manger et à boire….

Avis de recherche…
Louis Deguenant s’éteint le 2 juin 1894 à Cour-Cheverny, à l’âge de 65 ans, ne nous laissant comme trace que les documents évoqués ici. Nous n’avons trouvé nulle part son appareil dans les granges que nous avons visitées dans la commune, mais nos recherches ne font que commencer…

P. L.

À boire et à manger - Louis Deguenant
(1) La fameuse mention « SGDG », qu’on retrouve sur bon nombre d’anciens appareils, a été établie par la loi de 1844 et dégage l'État de toute responsabilité sur le bon fonctionnement effectif du dispositif breveté. Elle n’existe plus en France depuis 1968 (Wikipédia).  

La Grenouille n°66 - janvier 2025

Le manoir de Chantreuil

L’histoire du manoir de Chantreuil est intimement liée à celle du domaine de Cheverny et des familles Vibraye.
C’est l’épouse du Marquis Philippe de Vibraye, Jeanne Ida Pruvost de Sauty, qui en fit l’acquisition. Notre recherche commence à partir des enfants de Raoul de Vibraye (1861-1951), marié à Antoinette de Coudecoste (1871- 1959). De cette union naîtront quatre enfants : Simone, Philippe, Tony, et Aline.Les témoignages que nous avons recueillis émanent de Hélène de Sigalas, fille de Tony de Vibraye (1893-1992), d’Antoine de Compiègne, fils de Ghyslaine de Dreux Brézé (1927-2021) et d’Arnault de Compiègne (1929-2021).

Le manoir de Chantreuil à Cour-Cheverny
Les occupants de Chantreuil
Le domaine de Chantreuil avait une superficie d’environ 50 hectares. Raoul de Vibraye vint y habiter vers 1922, lorsqu’il transmit le domaine de Cheverny à son fils Philippe, alors comte de Vibraye. Philippe ne devint Marquis qu’à la mort de son père Raoul en 1951. Chantreuil fut ensuite habité, après le décès de Raoul de Vibraye, par la famille Lancesseur, industriel à Romorantin, qui loua le château et une partie du domaine de Cheverny, pour pratiquer la chasse (à tir) à La Rousselière, de 1962 à 1968. À partir de 1968, Chantreuil fut loué à M. Bellemain, préfet d’Arras. La famille Compiègne acheta Chantreuil en 1981 à Jeanne Ida de Sauty, l’épouse de Philippe de Vibraye. La famille Compiègne venait déjà régulièrement à Cour-Cheverny, depuis 1959, passer ses week-ends et ses vacances dans la ferme de Poussard.
Après la guerre, les communs ont été habités par la famille de Jules Rigny, qui était proche de la famille Vibraye établie à Bazoches (dans la Nièvre), et au service de Tony, le père d’Hélène. Charles Rigny naîtra à Chantreuil.

Quelques aménagements notables
Le majestueux cèdre du Liban, devant le château, a été planté par Tony de Vibraye. La partie gauche du château (appelée le den (1)), a été aménagée avec bureau, chambre et salle de bain par Raoul de Vibraye. La grande verrière devant le château a été démontée par Arnaud de Compiègne.

Le manoir de Chantreuil à Cour-Cheverny
Souvenirs d’enfance d’Hélène de Sigalas
Dès que l’on parle de Chantreuil à Hélène de Sigalas, son visage s’illumine en se remémorant ses années d’enfance heureuses au château de Chantreuil : « Ce sont les plus beaux souvenirs de mes vacances de petite fille avec mon frère Roland ». Hélène avait pourtant le choix entre les montagnes suisses, dans sa famille maternelle, ou les bords de mer. Mais son grand bonheur était de faire sa valise pour Chantreuil. Chantreuil, c’était la liberté de s’ébattre dans le parc et le potager, de sauter sur ce qu’elle appelait sa « Ferrari » (son vélo rouge) et de s’adonner à des jeux d’enfants avec son frère Roland. Et aussi de se balader à vélo entre Le Gué la Guette (domaine des Lemaignan), Les Tourelles, Le Breuil (famille La Salle), Troussay (famille Sainte Marie)...
Le manoir de Chantreuil à Cour-Cheverny
Hélène était un peu « garçon manqué », qui allait « arracher les patates », se faisait transporter dans un diable avec André et Charles Rigny, enfilait des feuilles de tabac pour les faire sécher... Mais le « grand frisson », c’était de savoir si le train qui passait au bout de la propriété allait dérailler quand on mettait une pièce de cinq francs sur les rails... Sans vraiment de surprise, la pièce était aplatie après le passage du train et élargie comme une soustasse à café... et le train n’avait pas déraillé... Hélène se souvient aussi du mal au coeur dans la Hotchkiss (2) de sa grand-mère Antoinette, conduite par Jules Rigny, en se rendant à Bazoches.
Les habitants de Cheverny et de Cour-Cheverny ont pu croiser Hélène de Sigalas, amoureuse des arbres et de la nature, marchant de bon matin dans la campagne, le pas alerte...

La famille Lancesseur à Chantreuil de 1962 à 1968
Le manoir de Chantreuil à Cour-Cheverny
Bernard Lancesseur avait implanté son usine dans le Romorantinais et installé sa famille (en location) au château de Chantreuil. Il eut deux filles, Martine et Alix, les aînées, puis deux fils, Bruno et Olivier. À leur arrivée à Cour-Cheverny, Bruno et Olivier ont 10 et 11 ans. Le parc, le potager, la rivière, la petite tour de guet (détruite depuis), sont des terrains de jeux fantastiques ! Olivier et Bruno occupaient la chambre à gauche quand on regarde la façade du château. Ils élevaient des couleuvres et des orvets dans la serre. Le jour où les reptiles se sont échappés, Bruno a hurlé de frayeur, suspendu à une branche du cèdre... Olivier se souvient des 400 mètres de l’allée centrale qui menait à la grille de sortie, aujourd’hui située près du rond-point à proximité du Centre de secours. Il parcourait l’allée avec son sac d’écolier à l’épaule et rencontrait parfois la femme du docteur Benoistel qui conduisait ses enfants à l’école toute proche du cabinet de son mari.
Le manoir de Chantreuil à Cour-Cheverny
Dans le contrat de location du manoir de Chantreuil, Bruno se souvient qu’il était stipulé de ne pas retirer le papier peint rouge à fleurs de la chambre de la marquise (toujours en place à l’époque d’Arnaud de Compiègne). Le chien de la famille Rigny répondait au nom de Peugeot, marque de la voiture qui avait dû conduire à Cour-Cheverny depuis Bazoches.

Chantreuil pendant l’occupation allemande
Fin 1941 / début 1942, l’armée allemande occupe la France. « La Wehrmacht » a, entre autres choses, pour mission de gérer la « Commission de la protection du patrimoine », centralisée avenue Kléber, à Paris, afin de protéger les biens culturels de notre pays.
On peut s’étonner, à première vue, que l’armée allemande, avec Heinrich von Stülpnagel, commandant des troupes allemandes en France, ait pu organiser, avec les musées nationaux, l’évacuation des œuvres d’art afin de les préserver du conflit.
Il y avait deux courants dans l’armée allemande :
- les S.S. qui semaient la terreur : les Nazis proches d’Hitler tels Joseph Goebbels, Hermann Göring, Heinrich Himmler... qui avaient bien l’intention de récupérer un maximum d’oeuvres et de biens à la barbe des autorités françaises. Hitler et Göring avaient décrété que les juifs ne devaient pas être pris en compte dans la population française. En les spoliant, ils ne s’en prenaient donc pas aux biens des Français... Rappelons que Göring était un grand amateur d’art et sa femme directrice d’un théâtre ;
- un courant dit « civilisé », avec des officiers de la Wehrmacht qui étaient déjà, en Allemagne, avant la guerre, des personnes proches du milieu des Arts et de la Culture. Ce sont donc ces éléments de l’armée d’occupation qui vont, avec l’aide des conservateurs du musée du Louvre et d’ailleurs, protéger des oeuvres majeures pour s’opposer aux probables pillages des Nazis.
Beaucoup de familles juives ont été victimes de l’oppression, et de nombreuses oeuvres d’art se sont retrouvées en deshérence chez les antiquaires et autres marchands d’art. Certaines ont été confiées à la tutelle des musées.

Le manoir de Chantreuil à Cour-Cheverny
Il est étonnant que les châteaux réquisitionnés pour soustraire les oeuvres des musées à la cupidité ambiante de certains n’aient pas été occupés par l’armée allemande mais par des conservateurs français. Il en est ainsi de Chambord, de Cheverny, de Chaumont et de Chantreuil, parmi d’autres, qui avaient placardé sur les portes d’entrées des domaines concernés l’affiche d’une ordonnance officielle en langue allemande, signée du chef des troupes d’occupation, von Stülpnagel.
On peut penser que des hommes de culture ont eu à coeur, dans les deux camps, de dépasser les passions de la guerre pour préserver un patrimoine universel, malgré les risques...

Début 1942, les musées nationaux et la Kommandantur blésoise s’organisent
En mars 1942, Philippe de Vibraye, comte de Cheverny, habite le château de Cheverny depuis vingt ans et son père Raoul, Marquis de Vibraye habite, comme il le dit, « la modeste demeure de Chantreuil ».
Des négociations se mettent en place entre la préfecture de Blois, Jacques Guérin (3), et Philippe de Vibraye afin de vérifier si le manoir de Chantreuil est apte à recevoir des oeuvres d’art, des archives, et à accueillir un conservateur sur place. Il semble que c’est Paul Robert Houdin qui soit venu visiter Chantreuil et qui ait donné son aval pour l’opération. Nous reproduisons ci-dessous le courrier de Raoul de Vibraye qui se dit heureux de cette validation.

Le manoir de Chantreuil à Cour-Cheverny
Les châteaux de Cheverny et de Chantreuil reçurent donc un « Bon de réquisition »
Ce sont les préfets Bussière, en 1942, et Aucourt, en 1944, qui payaient les salaires des conservateurs et les locations. Hans Haug, conservateur des oeuvres entreposées à Cheverny aura aussi la tâche de trouver et de former un chef de dépôt pour Chantreuil. Il plaça le fils d’un de ses amis, le jeune Lionel de Warren, issu d’une famille de Saint-Gervais-la- Forêt. Ce garçon, qui était pressenti pour partir au S.T.O.(4), comme tous les jeunes de son âge, a bénéficié d’une dérogation des services de l’armée allemande pour occuper le poste de chef de dépôt à Chantreuil.
En 1943, l’armée allemande essuie de nombreux revers à Stalingrad et en Afrique du Nord. La Résistance s’organise sur le territoire français et les officiers allemands en charge des caisses d’archives scellées à Chantreuil craignent qu’elles ne servent de cachettes pour les armes des résistants. Des consignes strictes furent données à Lionel de Warren en insistant sur sa responsabilité en cas de trahison. Il n’y eut aucun incident.
Concernant l’organisation de la logistique des oeuvres entreposées localement, nous devons beaucoup au directeur des archives départementales Jean Martin-Demézil et à son collègue Frédéric Lesueur.
Chambord faisait office de « plaque tournante » qui répartissait les oeuvres sur les différents sites sélectionnés. Chantreuil remplira ce rôle jusqu’en août 1944. Fernand de Berthier était chef adjoint des musées nationaux. Il devint ensuite le régisseur du château de Cheverny.

Merci à Rainer Pohl, professeur d’histoire (franco- allemand) établi à Blois depuis longtemps et qui, par ses recherches (Archives nationales, départementales et municipales), nous a fourni une documentation exceptionnelle sur l’histoire de Chantreuil entre 1942 et 1944 (5).

P. D.

Le manoir de Chantreuil à Cour-Cheverny

(1) Den : tanière, repaire.
(2) Hotchkiss : Voiture de luxe fabriquée à Saint-Denis, près de Paris, entre 1936 et 1970.
(3) Jacques Guérin était conservateur en chef du musée des Arts décoratifs de Paris. Voir le livre « Les grandes heures de Cheverny et Cour-Cheverny en Loir-et-Cher... et nos petites histoires ». Page 288 : « Clair de lune au château de Cheverny ». Éditions Oxygène Cheverny - Nov 2018.
(4) S.T.O. Service du travail obligatoire. (5) Rappelons également que le manoir de Chantreuil a abrité un hôpital militaire pendant la première Guerre mondiale (Voir le livre « Les grandes heures de Cheverny et Cour-Cheverny en Loir-et-Cher... et nos petites histoires ». Page 277 : « L’hôpital militaire du château de Chantreuil ». Éditions Oxygène Cheverny - Nov 2018.

La Grenouille n°66 - janvier 2025

Les Cazin du Petit Chambord, de Chercherelle, du Petit Moulin, des Murblins et de la Thouardière

Dans les temps éloignés, cazin signifiait « petite maison ».

Cet article étudiera deux branches de Cazin de l’époque napoléonienne

Les Cazin (Delafond) sont établis en majeure partie sur Cour-Cheverny, et plus particulièrement à Chercherelle, Le Petit Moulin et Les Murblins. On trouve les Cazin (Guichard) plutôt sur Cheverny, vers Le Petit Chambord et La Préasle.
Nous remonterons sur cinq générations, en laissant volontairement l’arbre généalogique incomplet pour des raisons de compréhension. Les deux branches se rejoignent début 1900 lorsqu’une Cazin de Chercherelle épouse un Cazin du Petit Chambord. Maximilienne (née en 1901) épouse Edgard, dont le véritable prénom était Lucien Léopold (1901-1966).
Edgard faisait partie d’une fratrie de quatre frères et soeurs :
Les Cazin du Petit Chambord, de Chercherelle, du Petit Moulin, des Murblins et de la ThouardièreLes Cazin du Petit Chambord, de Chercherelle, du Petit Moulin, des Murblins et de la Thouardière
- Pascal Jules Cazin (dit Raymond), qui était le grand-père de Marie-Thérèse Ferrand et le père de Madeleine Ferrand, tous habitant Chercherelle ;
- Augustin Léon Cazin, époux de Nadine eurent deux enfants : Jeanine et Michel (1) ;
- Laurentine Cazin, épouse Oliveras, habitant l’Aumône, eurent cinq enfants : Jacqueline, Albert, Maurice, Jacques et Jeanine.
Du côté d’Edgard, deux descendants : Bernard et Claudine. Ce qui donnera trois Cazin et deux Cril :
- François Cazin, né en 1958 ;
- Bernadette Cazin, née en 1959 ;
- Pascal Cazin, né en 1962 ;
- Philippe Cril, né en 1967 (1) ;
- Olivier Cril, né en 1971.

Les Cazin du Petit Chambord, de Chercherelle, du Petit Moulin, des Murblins et de la Thouardière
Les Cazin de Chercherelle et des Murblins
À la deuxième génération, François Cazin et son épouse Julie Delafond eurent six enfants dont découleront trois branches :
- la branche de Valentin, qui donnera Maxime et Maximilienne. Maxime est le père d’Arlette Bouget. À noter que Maximilienne quitte Cour- Cheverny pour épouser Edgard, « un gars de Cheverny »... ;
- la branche de François Cazin (né en 1852), qui épouse mademoiselle Hardy, qui lui donnera quatre enfants : Henri, père de Denise Cazin-Leloup, grand-père d’Anne-Marie Leloup-Duceau ; Louise Cazin, décédée à l’âge de deux ans ; Henriette Cazin (Mordelet/ Geniès) ; Amandine Cazin (Ravineau) ;
- la branche d’Adrien Cazin (né en 1866), époux Guerrier, de La Thouardière, route de Romorantin, à qui succèdera André Cazin, le grand-père de Mireille Cazin (épouse Racault) et père de Pierre.

Voici donc posée une soixantaine de Cazin sur les communes de Cour-Cheverny et de Cheverny.
À noter que tous les enfants d’Henri et François : Maxime, Maximilienne, Henri, Louise, Henriette, Amandine, sont tous nés entre Les Murblins, Le Petit Moulin et Chercherelle.

La closerie du Petit Chambord a été construite en 1890. Depuis, quatre générations y ont habité

La parenthèse de la dernière guerre au Petit Chambord
La ferme fut réquisitionnée par l’armée allemande pour y abriter des chevaux. Durant cette période, Edgard fut très actif et prit des risques importants en cachant un résistant « à la barbe des Allemands » et en nourrissant ses proches.
Arlette Cazin-Bouget : « Si j’ai mangé pendant la guerre, c’est grâce à Edgard qui nous apportait du pain et nous aidait à semer, planter et récolter ».
La naissance de François Cazin, digne représentant de la viticulture locale, a connu quelques péripéties : le docteur Grateau a tout d’abord embourbé son automobile en allant libérer la maman du petit François des douleurs de l’accouchement. Puis l’exercice se solda par un bras cassé au nouveau né...
Les convictions de la famille n’étaient pas toujours en accord, notamment à propos de l’éducation religieuse des enfants... Jeanine veillait sur l’éducation des enfants, tâche parfois compliquée... Bernadette se souvient que ses frères et elle se rendaient chez la famille Renard en cachette de leur père pour suivre le cathéchisme dispensé à l’époque par l’abbé Dada. François et Bernadette, dès leur arrivée au collège de Contres, logeaient chez l’habitant car il n’existait pas de transport scolaire. Bernadette était très douée pour les études qu’elle poursuivit jusqu’à un diplôme d’ingénieur chimiste et l’obtention d’un doctorat.

Les Cazin du Petit Chambord, de Chercherelle, du Petit Moulin, des Murblins et de la Thouardière
 Entrée des enfants dans la vie active
François, l’aîné, après l’obtention d’un BEP viticulture, revient prêter main forte à son père Bernard dans son exploitation qui à l’époque est très diversifiée. Il reprend très vite la suite et développe l’exploitation à partir de 1990. Il cultive aujourd’hui 23 hectares de vignes. La filière des vins de Cheverny reconnaît en lui un homme de grandes qualités humaines et professionnelles. François, à l’exemple de son grand-père Edgard, épouse une jeune femme de Cour- Cheverny, Claudie Boireau. Pascal, son frère, voyagera pendant environ cinq ans entre la Nouvelle Zélande et le sud de la France au gré des saisons de tonte des moutons. Un travail qui le passionnait. En 1997, Pascal crée son exploitation en reprenant à son frère François les terres céréalières. Ce fut pendant plus de vingt ans un travail acharné qui respectait les fondamentaux d’une culture raisonnée. Les premières années ont été particulièrement difficiles et il est très reconnaissant à son épouse Isabelle qui l’a toujours soutenu dans les années de « disette ».

Souvenirs
Pascal a encore en tête les images de sa jeunesse quand il était parti un jour, à cinq heures du matin, à pied avec son père à Fontaines-en-Sologne chez M. Blondel faire ferrer le cheval... Ou encore les dimanches après-midi chez la famille Crêche, à la veillée autour des châtaignes grillées, arrosées de bernache, à jouer à la belote... Et quand les enfants partaient en 2 CV avec leurs parents voir le spectacle de « La Piste aux étoiles » à la télévision (en noir et blanc), le mercredi soir chez leurs grands-parents aux Bisolières, dans les années 70.

Concernant la troisième branche, celle des Cazin de La Thouardière, route de Romorantin, nous n’avons que les souvenirs de Mireille. 
Mireille est la cadette des trois enfants de Pierre : Maryse, Michel et Mireille. Élève à l’école de Cheverny, Mireille passe ensuite un brevet professionnel. Elle consacre toute sa période d’activité au secrétariat de La Favorite à Cour-Cheverny. Par ailleurs grande voyageuse et sportive, quand elle pédale sur son vélo, Pascal, ses moustaches frisant au vent, a bien du mal à la suivre... 

Les Cazin du Petit Chambord, de Chercherelle, du Petit Moulin, des Murblins et de la Thouardière


Les Cazin du Petit Chambord, de Chercherelle, du Petit Moulin, des Murblins et de la Thouardière






P. D.

(1) Voir le livre « Les grandes heures de Cheverny et Cour-Cheverny en Loir-et-Cher : à la poursuite de notre histoire ». Éditions Oxygène Cheverny - 2022 - page 203 : « Michel Cazin, un enfant du pays au service de la science » et page 164 : « André Gabriel Cril, un commerçant dont on se souvient ».

La Grenouille n°66 - janvier 2025

Le passage à niveau n°204 à Cour-Cheverny

Le passage à niveau n°204 à Cour-Cheverny
« La Grenouille » a déjà évoqué (1) la ligne de chemin de fer de Blois à Villefranchesur- Cher par Romorantin exploitée de 1883 à 1953 (2) par la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans. Nous nous arrêtons aujourd’hui sur cette ligne, au passage à niveau n° 204, situé chemin des Bons Coeurs à Cour-Cheverny.

La maison de garde barrière est toujours là, en bon état car entretenue et restaurée par ses occupants successifs et notamment par l’actuel propriétaire, Hubert Portier, qui nous l’a fait visiter. Il a acquis cette maison et le terrain attenant il y a quelques années, lui permettant de compléter le domaine contigu qui s’étend sur une vingtaine d’hectares et qu’il possédait déjà depuis une dizaine d’années. 

Le passage à niveau n°204 à Cour-Cheverny
Le passage à niveau n°204 à Cour-Cheverny
Un élément d’un vaste ensemble
Ces maisons de garde barrière étaient toutes bâties selon les mêmes plans, avec quelques variantes locales, notamment pour s’adapter au terrain. La construction des « Maisons de garde » (ou « manoirs de garde » comme il est écrit dans certains documents d’époque) sur la ligne entre « Romorantin et la rivière le Beuvron sur une longueur de 30 680 mètres » avait fait l’objet d’une adjudication en avril 1881. Le projet comprenait la construction de « 28 maisons sans soubassement, 2 avec soubassement et 30 puits avec appareillage de puisage à la poulie ».
La maison a une surface au sol de 40 m2 (8 m x 5 m), avec une pièce et une cuisine au rezde- chaussée et deux pièces à l’étage, plus un cellier de 6 m2 sur le pignon.
C’est Alphonse Bouffard, entrepreneur de chemin de fer à Cour-Cheverny, qui remporte cet important marché, comme l’indique le procès- verbal d’adjudication.
D’autres marchés seront passés, notamment pour l’installation des barrières sur les passages à niveau classés en trois catégories :
• ceux avec un garde établi en permanence (et donc avec une maison de garde),
• ceux peu fréquentés, sans garde en permanence dont les barrières maintenues fermées sont manoeuvrées à la demande par un garde,
• ceux concédés à des particuliers dont les barrières sont fermées à clef et manoeuvrées par eux sous leur propre responsabilité. 

Le passage à niveau n°204 à Cour-Cheverny
Le passage à niveau n°204 à Cour-Cheverny
Un bel endroit…
Sur la propriété, on peut admirer le tracé de l’ancienne voie ferrée, qui s’étend en ligne droite sur environ 500 mètres, bordé de chênes qui forment une voûte et donnent une belle perspective à cet endroit.
On trouve également sur le tracé un ponceau en maçonnerie de pierres de taille, comme il en existait sur la ligne à chaque traversée de ruisseau important…
Plus loin se situe un bel étang d’un hectare et demi, avec à proximité un « gardoir » : c’est un petit bassin d’environ 100 m2 qui sert, comme son nom l’indique, à garder le poisson lorsqu’on procède au curage de l’étang. Au sud-est de la propriété, on distingue encore les percées qui avaient été aménagées dans le bois pour offrir une perspective sur l’étang depuis le château de la Taurie, et qu’on visualise très bien sur les photos aériennes des années 50-65.
À noter que pour la construction de la voie ferrée, le tracé du chemin des Bons Coeurs, appelé à l’époque « Chemin rural n° 58 du Gué du Veau à la route départementale n° 7 », avait été modifié pour croiser la voie à angle droit ; il passait très près de la maison, comme on peut le voir sur les plans et sur la photographie aérienne. Après le démontage de la voie ferrée, le chemin a repris son ancien tracé, tel qu’il est de nos jours. 

Le passage à niveau n°204 à Cour-Cheverny
Un événement tragique 
Le nom du lieudit, « Les Bons Coeurs », a une consonnance heureuse, mais en 1922, la garde barrière de cet endroit a été victime d’un accident que nous relate le Courrier de la Sologne (3) du 26 novembre 1922… Avec sans doute une erreur du journaliste concernant l’heure (« 1 heures » dans le texte…), et peut-être de lieu, car il semble que l’accident ait bien eu lieu au PN 204...
« Fontaine-Soings Écrasée en sauvant son enfant 
Lundi soir, à 1 heures, Mme Marcelline Blot, âgée de 32 ans, mère de 3 enfants, qui regardait son bébé s’ébattre sur la voie à proximité du passage à niveau de Fontaine-Soings aperçut un train s’engager sur la ligne : la malheureuse se précipita sur les rails et réussit à rejeter son enfant en dehors de la voie, mais ne put éviter la locomotive qui l’écrasa. L’enfant n’a eu aucun mal. M. Bonnard, inspecteur du contrôle à la gare d’Orléans, s’est rendu sur les lieux afin de dresser un rapport sur l’accident ».
Marcelline Blot était la garde barrière du PN 204, comme nous l’indique le registre de recensement de 1921. Le mari de Marcelline, Charles Blot, était poseur à la Compagnie des Chemins de fer Paris Orléans. C’est sa petite fille, Jacqueline Delmas, qui nous a fait part de cette tragédie. Le bébé, prénommé Roger et né aux Bons Coeurs en août 1921, était son père, ou plutôt son futur père puisqu’il n’avait alors que 15 mois… Plus tard, Roger deviendra marchand de cycles et motos rue Henri Drussy à Blois. 

Le passage à niveau n°204 à Cour-Cheverny
À une autre époque…
Nous avons également rencontré Anne-Marie Moyer, fille d’Augustine Porcher (1913-2001) et d’Alphonse Bailly (1907-1971), qui a bien connu ce lieu, puisqu’elle y est née en 1952, date à laquelle ses parents ont acheté cette maison à la SNCF. Le recensement de 1951 nous indique qu’ils occupaient cette maison précédemment ; on peut donc supposer que l’un ou l’autre était garde-barrière, mais sans qu’on en ait la certitude. Anne-Marie se souvient qu’elle se rendait à pied chaque jour à l’école de Cour-Cheverny, en longeant le tracé de l’ancienne ligne de chemin de fer : un beau parcours quotidien de 3 500 mètres à l’aller, et au retour… Le trajet s’est fait ensuite à vélo… 

Merci à Hubert Portier, Jacqueline Delmas et Anne-Marie Moyer qui nous ont permis d’évoquer le passé de ce passage à niveau n° 204. 

P. L. 

(1) Voir le livre « Les grandes heures de Cheverny et Cour-Cheverny en Loir-et-Cher et nos petites histoires ». Éditions Oxygène Cheverny - 2018 - page 88 : « La Gare de Cour-Cheverny ».
(2) Rappelons que le pont du chemin de fer sur la Loire a été bombardé le 11 juin 1944 et qu’ensuite les trains ont circulé depuis Vineuil. Le dernier train est passé à Cour- Cheverny en octobre 1953.
(3) « Le Courrier de la Sologne - journal hebdomadaire de Romorantin » est paru de 1872 à 1944.

Le passage à niveau n°204 à Cour-Cheverny

Le passage à niveau n°204 à Cour-Cheverny

La Grenouille n°66 - janvier 2025

La Caisse Locale du Crédit Agricole de Cour-Cheverny

120 ans et une belle santé !
Le 16 novembre dernier, la Caisse locale fêtait ces 120 années d’existence, en proposant à ses visiteurs une exposition documentaire et un spectacle théâtral conçu et joué par la Compagnie « L’Intruse » (1) qui a retracé de façon très vivante ces longues années de présence sur notre territoire… 

Appelée à l’époque « Caisse Locale de Crédit Mutuel Agricole », elle a été créée le 5 juin 1904, sur le territoire des communes de Cour- Cheverny, Cheverny, et Cormeray, auxquelles se rajoutera plus tard Cellettes, configuration qui n’a pas changé depuis. Dans le document d’archive formalisant les statuts lors de la création, on retrouve les noms de Jules Pezé, parmi les plus anciens membres du conseil d’administration, et de M. Lebel, secrétaire. Le capital était de 2 425 francs, réparti en 97 parts de 25 francs.

Une longue histoire (2)… 

Elle s’inscrit dans celle du Crédit Agricole né 10 ans plus tôt dans l’est de la France. Les caisses locales et régionales se sont développées de 1900 à 1920 sur tout le territoire français. Il s’agissait à l’époque d’organismes à vocation mutualiste, qui étaient là pour soutenir et développer les activités agricoles dans le monde rural. Elles étaient souvent créées et administrées par des personnalités locales du monde agricole, qui mettaient en commun leurs moyens et leurs réseaux pour contribuer au développement de l’économie rurale. Plus tard, l’actionnariat s’élargira à toute la profession agricole, des grands propriétaires non exploitants aux domestiques de ferme.
Entre les deux guerres mondiales, le Crédit Agricole étend son champ de compétences hors du monde agricole, par exemple pour des crédits aux petits artisans ruraux, pour le financement de l’électrification des campagnes ou pour les premiers prêts au logement pour des agriculteurs, contribuant ainsi à freiner l’exode rural vers les villes et à améliorer le cadre de vie de nos campagnes.
D’autres évolutions lui permettront également de servir de cadre juridique pour recevoir et répartir les dotations de l’État, augmentant ainsi le volume des crédits disponibles.
Les caisses locales avaient donc un rôle fédérateur et de mise en commun des moyens au bénéfice de la profession agricole. Dans le même temps, se sont créées des coopératives agricoles comme la Franciade ou l’Union, dont on se souvient localement puisqu’elle était implantée à Cour-Cheverny dans le bâtiment de l’actuel cabinet médical place Gambetta, ou plus tard Gamm Vert.
Dans les années 70, le Crédit Agricole devient une banque à part entière, proposant à sa clientèle très diversifiée tous les services dont elle peut avoir besoin. Sa proximité avec les clients est affirmée dans sa nouvelle signature publicitaire, « Le bon sens près de chez vous », lancée en 1976. 


Enracinée localement…
Dans les archives des années 70, on retrouve parmi les administrateurs les noms de familles locales bien connues, notamment parmi les viticulteurs et agriculteurs, et dont la plupart sont encore représentées de nos jours au conseil d’administration.
Dans les premiers temps de leur création, les caisses locales avaient en général leur siège au domicile du président.
Dans les années 60, l’agence de Cour- Cheverny se situait sur la route de Bracieux, dans une maison particulière, avant le carrefour avec l’avenue de Verdun. C’était le domicile du directeur, André Daridan, qui tenait donc l’agence chez lui. Les témoins de l’époque nous rapportent que les clients étaient reçus par le directeur sur une table en formica (matériau emblématique de l’époque !) bleu-vert et qu’au même endroit, on vendait du charbon. Ceci se vérifie dans l’annuaire téléphonique de 1961, où est mentionné le Crédit Agricole Mutuel au n° 56, et « Daridan, charbons » à ce même numéro… La Caisse locale de Cour-Cheverny s’est implantée place Victor Hugo au début des années 60 ou un peu avant, mais cela n’a pas pu être daté précisément ; l’agence s’est ensuite agrandie dans les années 90 en reprenant les locaux de l’ancienne quincaillerie Lelièvre. Et l’on distingue à cet endroit, sur une carte postale ancienne des années 20, un magasin d’ameublement.
Sans remonter à l’origine de la Caisse locale, nous citerons les directeurs que l’agence a connus depuis plus de 50 ans : Jean-Jacques François, M. Nivard, Norbert Babault, Gérard Corbeau, Jean Pellet, Norbert Petrault, Jean- Claude Sallat, David Garcia, Loic Langlois et Benoît Grappy qui est en poste depuis fin 2018. Patrick, le fils de Norbert Babault, a passé une partie de son enfance au premier étage de l’agence où sa famille était logée. 

Aujourd’hui 
La caisse locale compte aujourd’hui 2 459 sociétaires. Elle fonctionne comme à son origine : le directeur rend compte au conseil d’administration, qui valide les comptes. Ce conseil est actuellement présidé par Anthony Fourmier, gérant de la société CF Embal. Le conseil se réunit tous les deux mois. Il intervient notamment à propos des financements professionnels et des actions concernant la vie locale, déclinées sous diverses formes, comme évoqué ci-dessous.

Acteur essentiel de la vie locale 
Au-delà des services bancaires, la proximité se traduit au niveau local sous diverses formes, et pas seulement en direction de la clientèle. L’effet mutualiste, raison d’être depuis la création de la Caisse, est toujours présent, et évolue vers l’objectif de « faire vivre le local » : c’est une des valeurs qui démarque le Crédit Agricole de ses concurrents. 
De nombreuses entités peuvent bénéficier de l’aide et du soutien de la caisse locale, au-delà des services bancaires à la clientèle. On peut notamment citer : 
• la participation à l’activité économique locale, en relayant auprès du conseil d’administration et du directeur les informations concernant la vie économique et sociale du territoire,
• le soutien aux associations, par des aides financières ou matérielles,
• la redistribution de la monnaie solidaire (« Ouijagi ! », ex « Tookets ») en direction des associations locales,
• les entraides pour les personnes en difficulté financière ou pour les victimes d’accidents de la vie,
• la mise en place d’ateliers d’éducation budgétaire (par exemple auprès d’entreprises en création),
• la mise à disposition d’une salle de réunion pouvant accueillir une dizaine de personnes,
• la création en cours d’un catalogue permettant aux clients sociétaires de la banque de bénéficier de réductions chez des commerçant locaux. 

Une équipe à votre disposition 
Six personnes sont à la disposition de la clientèle à l’agence de Cour-Cheverny : Benoît Grappy, directeur, Catherine Robineau et Sandrine Rochereau, conseillères, Juliette Tety pour « la clientèle jeune », Kevin Vasseur pour la gestion de patrimoine et Damien Daunay chargé de l’accueil. 
Une dizaine d’autres conseillers peuvent également intervenir sur des sujets spécifiques (assurances, immobilier, métiers spécialisés, etc.), à l’agence ou à domicile. 
Mentionnons également l’agence immobilière Square Habitat, implantée aussi place Victor Hugo, et qui fait partie du groupe Crédit Agricole. 

Des occasions de se rencontrer… 
Du mardi au samedi à l’agence ou lors de l’assemblée générale de la Caisse Locale qui aura lieu le jeudi 6 mars à 18 h à la salle des fêtes de Cheverny. Le spectacle de la Compagnie « L’Intruse » y sera à nouveau donné. Cette assemblée est ouverte à tous. 
Et l’agence espère bien que les lecteurs de La Grenouille vont pourvoir lui apporter leurs témoignages et compléter ainsi son historique… 

Merci à Benoît Grappy, Philippe Mansion et Patrick Babault pour leurs informations qui nous ont permis d’écrire cet article. 

P. L. 
(1) L’Intruse : Compagnie de théâtre, créée en 2005. Facebook : Compagnie L’Intruse 

Crédit Agricole Val de France 
Place Victor Hugo 
41700 Cour-Cheverny
Tél : 02 54 79 97 76
Du mardi au samedi de 9 h 30 à 12 h 30 
et de 14 h à 18 h 30 (17 h 30 le mercredi et jeudi, 15 h 45 le samedi).  

La Grenouille n°66 - janvier 2025

La saga de la famille Cazin à Cheverny et Cour-Cheverny

Préambule
Les familles Cazin sont les plus représentées aujourd’hui dans le nord de la France et dans le Loir-et-Cher :

  • 157 Cazin à Boulogne-sur-Mer ;
  • 111 dans le Loir-et-Cher, dont 35 à Cour- Cheverny et 22 à Cheverny.

L’origine du nom de famille, Casini-Cazin, trouverait son origine en Italie. Étymologiquement, il désignerait une petite maison.
Notre recherche s’est concentrée sur les trois sites où sont encore établies ces familles :

  • Cour-Cheverny, « La Préasle », avec les descendants d’Edgar et Bernard ;
  • Cheverny, « Les Galochères » et « Poely » ;
  • Cour-Cheverny, « Chercherelle », « Les Murblins ».

La saga de la famille Cazin à Cheverny et Cour-Cheverny
La saga de la famille Cazin à Cheverny et Cour-Cheverny
Les Cazin de Cheverny aux «Galochères »
Gérard et Pierrette Cazin ont repris une partie des terres du domaine de Cheverny en gestion à partir de 1970. Le domaine appartenait à l’époque à Philippe de Vibraye et c’était la septième génération de Cazin qui prenait le relais de l’exploitation agricole.
En cette fin du XXe siècle, Gérard cultivait aussi les terres de La Bouletière et le lieudit Les Vallées qui se trouve en face, ainsi que les terres de Chantreuil, soit en tout environ 55 hectares qui s’ajoutaient aux 20 hectares que possèdent Gérard et Pierrette Cazin en pleine propriété. À l’époque, une grande partie de ces terres était plantées en vignobles alors que Gérard était plutôt tourné vers l’élevage et les céréales.
La famille Cazin habite toujours la maison qu’occupaient déjà ses ancêtres au XVIIe siècle. C’était alors une closerie qui hébergeait plusieurs closiers qui travaillaient pour le domaine. Dans la partie la plus ancienne existe encore aujourd’hui une superbe charpente réalisée sur le modèle de celle des communs du château par les mêmes maîtres artisans de l’époque, en coque de bateau retournée. Cette maison a encore ses cloisons et son plancher supérieur en torchis d’origine. L’habitation était composée de petites chambres uniques qui hébergeaient les compagnons qui participaient à l’édification du château. La toiture originelle était très basse. Elle fut surélevée en 1921 par le grand-père de Gérard.
Il est probable que ces bâtisseurs étaient des Italiens venus de Lombardie. Ils s’étaient établis avec leurs familles à quelques kilomètres au sud de Cheverny au lieudit baptisé depuis « Les Lombardes ». Les Casini sont devenus les Cazin, avec quelques variantes orthographiques...

Petite anecdote
Paul, le père de Gérard, lors de travaux nécessités après une tempête, a retrouvé dans la toiture de la vieille batisse, une grande quantité d’amandes. Le lieudit s’appelle « Les Galochères », mais se nommait précédemment « Les Amandiers » (près du cimetière actuel de Cheverny). De nombreux amandiers plantés à cet endroit fournissaient de la nourriture à une multitude de rongeurs qui constituaient des réserves pour l’hiver dans les combles de l’habitation. À noter que huit hectares à l’angle de la route de Fougères et de la route de Contres côté Galochères, n’ont jamais appartenu au domaine de Cheverny mais toujours à la famille Cazin depuis leur installation à Cheverny.

La saga de la famille Cazin à Cheverny et Cour-Cheverny
La destruction du stade de Cheverny
L’hiver 1972 était rude. Une troupe de « gens du voyage » s’est abritée dans les tribunes du stade. Gérard a été le témoin du démontage des parties en bois que les squatters brûlaient pour se réchauffer. Philippe de Vibraye, en constatant l’étendue des dégâts occasionnés, demanda par la suite à Gérard de finir de démanteler les tribunes ruinées du stade qui avait été construit quelques décennies auparavant par la scierie Deterne.
L’histoire du domaine de Cheverny, des familles de Vibraye et Cazin sont intimement liées. Anette, la soeur de Gérard, et son mari André Levant ont travaillé sur le dommaine de Cheverny toute leur vie active.

La généalogie des Cazin
La saga de la famille Cazin à Cheverny et Cour-Cheverny
Entre les deux guerres, juste avant les trente glorieuses, la population des villages était constituée essentiellement d’agriculteurs. Ils se déplaçaient peu et à proximité de leur exploitation. Ils trouvaient leurs compagnes ou leurs compagnons dans un petit périmètre.
Ainsi, Lucien Léopold Cazin, dit Edgar, né en 1901, épousa Maximilienne Cazin, née la même année... qui donneront une autre branche à l’arbre généalogique de la famille. Nous y reviendrons dans le prochain numéro de La Grenouille.

Témoignage d’enfance de Charles-Antoine de Vibraye
« Le nom de la famille Cazin résonne avec une vive émotion à mes oreilles d’adulte mais surtout d’enfant. Historiquement, Paul Cazin exploitait, entre autres, les terres agricoles du Domaine et familialement, leur fille Annette était entrée très jeune et par vocation au service de mes parents. Par son dévouement et son affection sans limite, elle est vite devenue notre seconde maman ! Et, c’est avec joie et impatience, qu’à l’occasion des absences de nos parents, nous partions, mon frère et moi, en vacances à la ferme, et plus précisément aux Gallochères. Nous y avons vécu de délicieux et inoubliables moments de convivialité et d’émerveillement au milieu de fascinants tracteurs et du cochon dont il suffisait de gratter le dos pour qu’il s’endorme ! ».

P. D.

La Grenouille n°65 – Octobre 2024