La drachme de Cheverny, ou le retour des gauloiseries !

(voir description à la fin de l'article)
Cette énigmatique petite monnaie d’argent (ci-contre) appelée «drachme de Cheverny» par les numismates, a été frappée vers 60/50 av. J.-C. par une tribu gauloise de notre région. 
On l’attribue sans certitude aux Bituriges (oppidum de Bourges) (1), mais elle aurait pu aussi être produite par les Carnutes (oppidum de Chartres). 

Cheverny/Cour-Cheverny se trouvaient à la limite des deux territoires. Nous faisons suite ici à notre article paru dans le n° 3 de La Grenouille (avril 2009) où une variante de ce monnayage extrêmement rare est représentée, avec un profil à droite. 

La présence de vestiges gaulois ou gallo-romains à Cour-Cheverny est visible au lieu-dit «le vivier», près du moulin VoleyD’après le service régional d’archéologie, des monnaies y ont été trouvées. Des vestiges de mottes et enceintes gauloises ont été repérés à Pontchardon, Sérigny et au Donjon, en limite de propriété du château de Cheverny. 
De quel donjon s’agit-il ? Le baron de Fougères (1), en dit ceci : «Avant la famille Hurault, qui l’a possédé longtemps, Cour avait eu des seigneurs dont on ignore le nom. On sait seulement qu’ils y possédaient un château sur la rive droite du Conon. Le chancelier Hurault, devenu propriétaire de ce château, le fit démolir et les pierres en provenant furent employées à la construction du château de Cheverny ».

Description de la photo ci-dessus
Monnaie dépourvue d’inscriptions (anépigraphe), frappée sur un flan large qui montre de façon complète les éléments en présence, ce qui est peu courant pour ce type de monnayage. 
Métal : argent       Poids : 1,58 g        Diamètre : 16 mm
Avers : Tête à gauche, à la chevelure décorée. Un torque termine la base du cou. Une ligne courbe épouse le haut de la tête, symbolisant un casque. Autour, 5 annelets pointés, le tout contenu à l’intérieur d’une circonférence de points (grènetis). 
Revers : un cavalier au galop brandit un arc. dessous, un sanglier suivi d’un loup (?). Nous retrouvons à divers endroits des annelets pointés ainsi que le grènetis sur le pourtour. Le cheval était l’animal le plus représenté sur les objets ornés des gaulois ; il symbolisait le courage. Vient ensuite le sanglier qui représentait la force et un pouvoir spirituel lié à la forêt.l

Sources : 
(1) - CGB - Samuel Gouet, Michel Prieur, Laurent Schmitt, Nicolas Parisot : Monnaies XV (2002) et Celtic III (2011)
(2)Monographie du canton de Contres (Revue de Loir-et-Cher), cité par E.C. Florance.

La Grenouille - La Grenouille n°14 - janvier 2012