La vie difficile à Cour-Cheverny de 1939 à 1947

L’idée du sujet d’aujourd’hui a été inspirée suite à la découverte d’une lettre manuscrite insérée et collée dans le registre des comptes-rendus du conseil municipal de septembre 1944. Écrite ce même mois, elle porte le tampon de la mairie de Cour- Cheverny, mais n’est pas signée. 

La vie difficile à Cour-Cheverny de 1939 à 1947
Réquisition des automobiles
L’écriture est identique à celle des comptesrendus des délibérations des conseils municipaux, on peut penser que c’est le secrétaire de mairie de cette époque, monsieur Hamonière, qui l’a rédigée. 
« La guerre a éclaté le 3 septembre 1939, la mobilisation s’est effectuée sans incident notable. La vie a suivi son cours un peu désaxé par suite des événements, jusqu’au mois de mai 1940 où les mauvaises nouvelles font leur apparition : nos troupes reculent. La population du Nord et de la Région parisienne précède et accompagne nos troupes en retraite, les réfugiés sont nombreux, les difficultés sont également très nombreuses pour venir en aide à ces malheureux. 
Enfin, en juin 1940, un détachement de troupes françaises est en position à Cour- Cheverny. Le pays est bombardé, quelques obus tombent sur divers points de la commune, en particulier région de l’abattoir et du pont de Beignon ; quelques dégâts matériels, un civil a été tué dans les champs, il repose au cimetière de la commune. Les Allemands prennent possession de la commune le 20 juin 1940 après un accrochage avec le détachement des tirailleurs algériens, au cours duquel un ennemi est tué. Il a été enterré dans le cimetière communal et a été exhumé par ses congénères au cours de l’année 1943. L’ennemi a occupé Cour-Cheverny du 20 juin 1940 au 20 juin 1941. Occupation au cours de laquelle les Allemands ont appliqué, sans grand succès, les systèmes de vexations et de petits empoisonnements journaliers. La commune a eu à subir une surveillance à peu près constante de la part des Allemands. Quelques habitants ont été arrêtés et plusieurs envoyés en Allemagne. Les réquisitions de toutes natures, personnes et produits agricoles ont été appliquées. La population a résisté dans toute la mesure du possible aux exigences de l’ennemi. D’autre part, les attributions du ravitaillement et distributions de toutes natures sont réglées par un système complexe de cartes et de bons de toute sorte : cartes d’alimentation et feuillets de pain, de viande et matières grasses et diverses, de tabac, de vêtements et textiles, cartes de jardinage, cartes de grossesse, travailleurs de force et régimes spéciaux pour maladies, cartes de lait, etc. Bons de pétrole, de carbure, de bougies, d’alcool, bons de matières pour matériel agricole, bons pour ustensiles ménagers et vaisselle, bons de semences, de mèches soufrées, rationnement de l’électricité, attribution de bons de braise et de bois, bons pour cercueils, autorisations de circuler pour autos et camions avec bons d’essence, d’alcool, huile etc, cartes de pneumatiques, bons d’achat de pneumatiques pour vélos et chambres à air, etc. 
Et tout le cortège de réclamations et de mécontentements, car naturellement, on ne peut pas toujours avoir ce dont on a envie ou besoin… Difficultés qui finissent toujours par s’aplanir ou s’estomper !! 
La commune a été encore occupée par les Allemands du 20 septembre 1943 au 20 novembre 1943 (par une compagnie de transmissions). La grande salle du conseil a été, malgré nos efforts, transformée en salle d’instruction pour les radio-télégraphistes ennemis. Les écoles ont été également occupées. Il n’y a pas eu d’incident grave pendant cette période. 
Juin, juillet, août 1944… 
La commune héberge 500 réfugiés. À leur tour, les Allemands connaissent la défaite. À leur tour, ils reculent et sont traqués par les F.F.I. (forces françaises de l’intérieur), ces derniers leur mènent la vie dure. Durant quinze jours, c’est un défilé continuel de jour et de nuit des troupes allemandes en retraite. Ils se dirigent vers l’est… toutes les routes et chemins sont encombrés par les fuyards, qui abandonnent une partie de leurs rapines en route. 
Les F.F.I. les harcèlent sans relâche et suivent leur chemin, ils connaissent les patrouilles de surveillance et les attaquent en quelque endroit propice… La ferme de la Guillonnière est incendiée à la suite d’un coup de main contre un camion de munitions. Un cadavre allemand a été retrouvé dans les environs des Murblins. Il a été inhumé à l’entrée du cimetière de Cour-Cheverny. Un acte de décès a été dressé vers mai 1944. Les F.F.I. ont à plusieurs reprises tenté de faire sauter les ponts sur la ligne du chemin de fer. Ils ont entravé aussi le passage des trains jusqu’au moment où le pont du chemin de fer sur la Loire a été détruit par un bombardement aérien de nos alliés. Les Allemands ont, en partant, pillé plusieurs maisons et enlevé des camions, voitures et chevaux. Enfin, après bien des menaces de la part de l’ennemi à la mairie (les Allemands ont l’air de redouter particulièrement les groupes F.F.I.), la population n’a pas souffert dans les corps de ce passage de déroute, et en août 1944, les derniers Allemands ont quitté le territoire de la commune. 
Une partie de la population a eu à souffrir au point de vue du ravitaillement et du chauffage. Actuellement, la situation semble s’améliorer lentement. 
La commune a eu une centaine de prisonniers en 1940, plusieurs hommes ont été déportés pour le travail obligatoire en Allemagne. Trois jeunes gens de Cour-Cheverny ont été tués par l’ennemi au cours de combats entre F.F.I. et Allemands dans les environs de la commune. Cinq hommes sont morts durant la période 1939-1940 du fait de la guerre. Maintenant, une grande partie de la France est libérée du joug ennemi, mais la guerre n’est pas finie. Nos prisonniers et déportés ne sont pas rentrés et des hommes vont probablement repartir. La commune a eu à héberger du 21 septembre 1944 au 17 novembre 1944, un escadron de 8e cuirassiers et l’état-major du régiment. Cela semble bon de faire un peu du bien aux soldats français qui vont partir vers l’Atlantique pour mettre à la raison les Allemands qui seront encore retranchés dans diverses régions et délivrer ces parties de la France qui souffrent de l’oppression allemande. 
Fin 1945 - Depuis plusieurs mois, la France est entièrement libérée, tous nos prisonniers sont rentrés. Un seul manque à l’appel, tué à Koenisbergh. Les choses vont-elles finir par s’arranger ?... Attendons … ». 
La vie difficile à Cour-Cheverny de 1939 à 1947La transcription de cette lettre est intégrale. 
Dès le 5 mai 1940, une circulaire préfectorale notifie la suppression de la prime à la natalité. Ces primes à la natalité sont rétablies en 1947 pour les années 1946 et 1947 : pour le 1er enfant : 500 fr ; le 2e enfant : 700 fr ; le 3e enfant : 1 000 fr ; le 4e enfant : 1 300 fr ; le 5e enfant : 1 600 fr ; 6e et plus : 1 900 fr. On en mesure le résultat dès 1946. L’évolution des naissances, à la fin de la guerre, permet au maire M. Chéry de contester, en juin 1946, la fermeture d’une classe de garçons proposée par l’Inspection Académique, « du fait de l’augmentation actuelle » des naissances. 
La lecture des comptes-rendus des conseils municipaux de 1938 à 1950 permet de constater les difficultés rencontrées durant les années de guerre par la municipalité et par la population, « en raison des circonstances actuelles » répète souvent le maire. 
Comme durant la Première guerre mondiale, cette période est marquée par une diminution du nombre des réunions du Conseil. 
Quant à l’ordre du jour, dès 1939, il est flagrant de constater que les principaux sujets traités concernent l’aide sociale, l’établissement du budget, qui se révèle de plus en plus difficile d’année en année faute de ressources, le problème des salaires du fait de l’inflation, et le souci pour la municipalité d’essayer de faciliter la vie quotidienne au travers des divers autres sujets. 
La gestion des demandes d’aide sociales, revient systématiquement à chaque réunion. 
Ces aides sociales concernent : 
- l'assistance médicale gratuite ; 
- l’aide aux femmes en couches ; 
- la perception d'une allocation journalière (par ex. : une veuve demande à percevoir une allocation journalière pendant la présence de son fils sous les drapeaux. Le Conseil décide que l’intéressé est le seul soutien de sa mère et accorde l’allocation de 40 francs) ; 
- la prise en charge d’internements (onéreux) pour la Maison de santé départementale de Blois, souvent elle concerne des femmes veuves atteintes de maladies incurables ; 
- l’assistance aux vieillards sans ressources, vivant souvent seul(e)s : l’accord est partiel avec participation des enfants (40 francs) quand cela est possible ; 
- l’aide à la famille : par exemple demande d’aide pour le 5e enfant, l’aîné a 7 ans ; ou encore aide pour le 8e enfant, l’aîné a 13 ans… Différents cas sont analysés : une famille de 4 enfants, une autre de 5 enfants ou encore une de 8 enfants demandent des aides à la famille : la commission refuse car les demandeurs peuvent travailler même en hiver. En juin 1941, le montant de l’assistance aux vieillards passe de 40 francs à 70 francs avec une majoration de l’État portée à 80 francs, ce qui fera 150 francs pour les vieillards. 
La liste des demandeurs des aides sociales est établie chaque année et les situations vérifiées. C’est ainsi qu’en 1946, il est décidé que les titulaires d’un permis de chasse seraient radiés de la liste des bénéficiaires de l’aide sociale. Il en est décidé de même pour les familles dont le mari ou le père est rapatrié, rentré de déportation en 1945 ou 1946. 
En novembre 1943, l’assistance aux vieillards, infirmes et incurables est revalorisée à 175 francs par mois au 1er juillet 1943. 

Les affaires diverses 
- Lors de la séance du conseil en février 1940, des irrégularités sont reprochées au maire, Henri Duru, concernant le Bureau de bienfaisance. Le maire dit qu’il versera le montant des irrégularités qui lui sont reprochées, il annonce qu’il va démissionner et quitte la salle. Les conseillers décident d’adresser un courrier au préfet. 
- En mai 1940, Louis Sauvage, adjoint, fera fonction de maire. 
Ce même jour, le président de séance du conseil municipal demande à l’assemblée de bien vouloir donner le nom du maréchal Pétain à une des principales avenues de la commune, « en l’honneur des services que le chef de l’état rend à la patrie ». Le conseil décide qu’à partir de ce jour, 9 février 1941, l’avenue de la République s’appellera désormais « Avenue du maréchal Pétain »

Du 20 juin 1940 au 20 juin 1941 Cour- Cheverny est occupée par les Allemands 
Dans la lettre datée de septembre 1944, le secrétaire de mairie indique que « des réquisitions de toutes natures, personnes et produits agricoles ont été appliquées… auxquelles la population a résisté dans la mesure du possible »

Les réquisitions 
Les compte-rendus des conseils municipaux ne font jamais état des réquisitions, c’est aux Archives départementales que sont conservés les documents les concernant : 
La vie difficile à Cour-Cheverny de 1939 à 1947
Réquisition des automobiles
- réquisitions de bois de chauffage pour les besoins de l’armée d’occupation en 1941 ; les sommes à payer étaient fixées par l’administration des forêts, le règlement était adressé par le percepteur aux habitants ; 
- réquisition des locaux de la gendarmerie pour loger des officiers, sous-officiers et brigadiers allemands ; 
- réquisitions de véhicules automobiles, souvent des véhicules utilitaires, plutôt récents, ce qui s’avérait préjudiciable pour le bon fonctionnement des entreprises de la commune. Même une moto fut réquisitionnée ! Un commerçant avait mis son véhicule récent sur cales, retiré les sièges et mis hors d’état de démarrer pour être sûr de le conserver, ce qui fut efficace. Des indemnisations étaient versées aux propriétaires ; 
- réquisitions de logements : très nombreux sont les habitants de Cour-Cheverny qui ont dû, de gré mais surtout de force, loger les occupants. Une centaine de logements a été concernée. Des indemnités fixées par la commission d’évaluation des réquisitions d’immeubles, en fonction du nombre de jours d’occupation, ont été versées par le percepteur aux prestataires, par semestre ; 
- il faut ajouter les réquisitions de petits matériels, d’outillages divers... 
Ces situations recouvrent « des vexations et petits empoisonnements journaliers » évoqués dans cette lettre. 

Le comité d’entr’aide aux prisonniers de guerre de Cour-Cheverny 
Dès 1941, un comité d’entr’aide aux prisonniers de guerre de Cour-Cheverny est constitué. 
Président d’honneur : Georges Bégé, maire de Cour-Cheverny ; 
- président : M. C. Goube ; 
- vice-président : M. A. Liège ; 
- secrétaire-trésorier : M. F. Barré ; 
- secrétaire-trésorier adjoint : M. E. Berrué. 
C’est la famille qui doit, en principe, secourir les prisonniers de guerre, mais le comité est formé pour apporter son aide matérielle aux prisonniers qui ont des familles dans le besoin, ainsi que son aide morale à toutes les familles de prisonniers, aisées ou non. 
L’aide matérielle est accordée à toutes les familles, sans distinction, à titre remboursable, principalement pour les denrées que les familles ne peuvent se procurer sans tickets, ou trouver difficilement dans le commerce. Ces mêmes denrées seront fournies à titre gratuit ou semi-gratuit aux familles dénuées de ressources, ne leur permettant pas de ravitailler suffisamment leurs prisonniers. 
L’aide morale est accordée à toutes les familles de prisonniers de guerre, sans aucune distinction d’origine, de conditions, d’opinions. 

Fonctionnement de l’oeuvre 
« Les denrées qui seront fournies par le comité départemental de Blois, ou que le comité pourra se procurer, seront livrées aux familles aisées au prix de revient et remises gratuitement ou semi-gratuitement aux autres familles ; elles seront entreposées au siège du comité, chez M. Eugène Berrué. Les familles de prisonniers pourront y venir les premier et troisième mardis de chaque mois, de 14 h 30 à 17 h. Elles y apporteront tout ce qu’elles désirent envoyer à leurs prisonniers, y compris ficelle, emballage et l’étiquette d’adresse réglementaire. Le comité ajoutera dans le colis les denrées qu’il pourra fournir, terminera le colis lui-même devant les familles et en assurera l’expédition. En aucun cas, les denrées vendues ou remises gratuitement par le comité ne peuvent servir à un autre usage que l’envoi aux prisonniers. Le comité a reçu des instructions formelles du Service du ravitaillement d’assurer lui-même l’emballage et l’expédition de ces colis »

Fournitures 
« Actuellement, le comité peut fournir aux familles des prisonniers : rillettes de porc en boîtes de 125 g ou 250 g ; confitures de cassis et pommes en boîtes, sucre, sardines, etc. Il pourra également se charger, pour les familles qui le désirent, de faire souder et étuver les boîtes de conserve confectionnées par les familles et qui leur seraient remises ensuite pour envoyer à leurs prisonniers »

Ressources du comité 
- 1 500 francs : subvention de la commune de Cour-Cheverny ; 
- 300 francs : Bureau de bienfaisance ; 
- 450 francs : groupement qui a recueilli des fonds pour l’envoi de colis aux soldats du front ; 
- 110 francs : membres du Bureau de bienfaisance. Soit un total de 2 300 francs. 
Mais cette somme, qui paraît importante, est insignifiante. Le comité doit payer comptant toutes les denrées, ce qui nécessite un fond de roulement suffisant. Le maire de Cour- Cheverny entame des démarches pour obtenir une dérogation de l’Intendance de façon à faire confectionner des boîtes de conserves de viandes. Il faudra, si le comité obtient cette dérogation, prévoir une somme sérieuse pour faire fabriquer une assez grande quantité de boîtes afin d’obtenir un prix intéressant. Enfin, les denrées remises à titre gratuit ou semi-gratuit viendront diminuer les ressources. 
Le comité a donc l’idée de faire appel au concours des dames et demoiselles de Cour- Cheverny pour quêter dans toute la commune, avec l’accord des autorités supérieures. « Les dames et les demoiselles, toujours si dévouées, seront assez éloquentes pour que cette collecte soit plus élevée que toutes celles qui ont été faites jusqu’ici. Secourir nos prisonniers, aider leurs familles, est un devoir primordial. 
Il peut arriver que des personnes, à la campagne, préfèrent donner un poulet, un lapin, plutôt que de l’argent. Les quêteuses accepteront ces dons en nature qui seront transformés en boîtes de conserves pour nos prisonniers. Le comité de direction charge 20 quêteuses, groupées par 2, de visiter régulièrement les habitants, les rues de la commune étant réparties en 7 secteurs ».

Classement des familles 
Les denrées que le comité pourra obtenir seront remises à titre onéreux ou à titre gratuit ou semi-gratuit. Il y a donc lieu de déterminer le classement des familles des prisonniers en trois catégories : 
- familles aisées ; 
- familles dénuées de ressources ; 
- familles ni aisées, ni complètement dénuées de ressources. 
2 instituteurs et 7 élus seront chargés de ce classement tout en y apportant la plus grande discrétion. 
Ces relevés seront remis par écrit au siège du comité au plus tôt, de façon à faire bénéficier les familles qui auraient droit à la remise gratuite ou semi-gratuite des denrées. 
Les colis seront confectionnés par quelques jeunes gens de Cour-Cheverny. Ils seront au minimum trois chaque mardi de distribution des denrées. 
68 prisonniers sont inscrits à la mairie de Cour-Cheverny. Il est certain que toutes les familles de prisonniers ne se sont pas fait inscrire à la mairie : ce nombre de 68 est donc inférieur à la réalité. 
Le comité de Cour-Cheverny a été désigné par le comité départemental pour agir comme comité régional pour les communes de Cheverny, Chitenay, Cormeray, Cellettes, Seur. Chacune de ces communes formera un comité local indépendant, le comité de Cour-Cheverny sera chargé seulement de leur répartir les vivres qu’il reçoit du comité départemental. 
C’est une mobilisation exceptionnelle de solidarité inter-générationnelle qui a été mise en place, regroupant les femmes et les hommes de la commune, du médecin au notaire, en passant par les enseignants, les commerçants, les artisans, les agriculteurs, des châtelains, en y associant les plus jeunes... Ce service a fonctionné jusqu’à ce que les prisonniers de guerre réintègrent leur foyer. 
Régulièrement, lors de la séance du conseil, comme en mai 1941, le maire propose une collecte pour les prisonniers de guerre de la commune. En novembre 1942, Eugène Berrué demande la prise en charge de la location des locaux situés dans la cour de l’Image (1), en centre bourg, et utilisés par la comité d’entr’aide pour confectionner les colis : c’est le comité directeur qui devra prendre en charge ce règlement. 

Les travaux urgents à l’église 
La vie difficile à Cour-Cheverny de 1939 à 1947
Les travaux de l'église de Cour-Cheverny
envisagés en 1943-1944
En octobre 1942, René Bégé fait connaître, qu’à son avis, la toiture de l’église est en mauvais état avec risque d’aggravation et propose de faire le nécessaire pour entreprendre les réparations qui paraissent importantes. 
La situation financière ne permettant pas de payer les frais d’entretien, il est chargé de solliciter un emprunt auprès du Crédit Foncier ou autre. Voir aussi si l’église pourrait être classée monument historique en raison de certaines particularités. Le service compétent de la Préfecture n’accepte pas de retenir le classement de l’édifice. La réalisation des travaux est prévue en 3 tranches : 
- la première, en 1943, porte sur le campanile de la façade principale et les deux versants, sur une longueur de 13 mètres ; 
- la 2e tranche porte sur la réfection complète du clocher. Un emprunt de 97 000 francs est réalisé au Crédit Foncier sur 30 ans, payable par semestre. Il est prévu une imposition supplémentaire pendant 30 ans pour le remboursement de l’emprunt ! 
En novembre 1944, une subvention de 34 000 fr est accordée par l’État pour la partie de toiture restaurée. En outre, le conseil propose que le curé soit pressenti pour obtenir que les fidèles participent à une collecte pour couvrir une partie des dépenses engagées. 
Les travaux de restauration sont réalisés de janvier à juillet 1944. En juin 1944, les autorités d’occupation n’accordent pas la possibilité de poursuivre les travaux de la 2e tranche de l’église, concernant la réfection du clocher.

Sources 
- Mairie de Cour-Cheverny : comptes-rendus des réunions des conseils municipaux de 1935 à 1950. 
- Archives départementales du Loir-et-Cher. 
- Kommandos : orthographe utilisée dans tous les documents d’époque. 
- Merci aux Courchois qui ont accepté de faire ressurgir les souvenirs de cette période : Gilbert Desnoues, Marie-Thérèse Génies, Roger Gandon, Christiane Berrué-David (fille d’Eugène Berrué). 
- Source INSEE : l’équivalence de la monnaie francseuros : 100 francs en 1940 correspond à 118,42 F en 1941 ; 142 ,11 Fr en 1942 ; 176,32 Fr en 1943 ; 215,76 Fr en 1944 ; 318,42 Fr en 1945 et 41,36 euros en 2018. 
Bibliographie - Dominique Sommier : Les prisonniers de guerre allemands en Loir-et-Cher - 1944-1945 Mémoire de maîtrise - Université François Rabelais, Tours - 1992. - Lucien Jardel - Louis Casas : La Résistance en Loir-et- Cher - Vendôme Impression 2003. (1) Nom donné à la cour de l’immeuble situé entre la poste et le salon de coiffure en face l’église... On ignore pourquoi cette dénomination... 

À suivre... La seconde partie, à paraître dans le numéro 46 de La Grenouille, traitera : 
- des difficultés rencontrées par les familles et par la commune pour la gestion du quotidien ; 
- des « kommandos » de prisonniers allemands au sein de la commune

Françoise Berrué - La Grenouille n° 45 - Octobre 1945






Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Merci de nous donner votre avis sur cet article, de nous transmettre un complément d'information ou de nous suggérer une correction à y apporter